Papandréou embrase l’Europe et les Bourses

Georges Papandréou a surpris tout le monde en annonçant la tenue d’un référendum. Au sein même de sa majorité parlementaire, certains crient casse-cou et font défection. © ap.

Le référendum sur le plan de sauvetage européen décidé par le Premier ministre grec irrite ses partenaires. Qui se réunissent d’urgence, ce mercredi.

C’est un fameux coup de poker qu’a décidé lundi soir le Premier ministre grec, Georges Papandréou. En soumettant à la surprise générale le plan de sauvetage de son pays à un référendum, il a ulcéré ses partenaires, semé la panique sur les marchés et provoqué un nouveau séisme dans la zone euro.

« Il n’en avait parlé ni avant, ni pendant, ni après le sommet de mercredi dernier, s’étrangle notre Premier ministre Yves Leterme. C’est très grave et très risqué. Nous étions parvenus à rassurer les marchés. Cette annonce met en doute ce que nous avions décidé. » Les Bourses ne s’y sont pas trompées, subissant un mini-krach, mardi. Le BEL 20 a chuté de 3,73 %, les autres places européennes dévissant à l’unisson : quelque 5 % à Paris et à Francfort, 6,8 % à Milan.

Le référendum grec laisse planer une sérieuse hypothèque sur le plan européen décidé la semaine dernière, qui comprend un effacement de la dette grecque détenue par les banques à hauteur de 100 milliards d’euros ainsi que de nouveaux prêts à une hauteur similaire. En outre, il s’apparente à un référendum sur l’appartenance de la Grèce à l’euro, qui risque de fragiliser davantage encore la monnaie unique. Comme si cela ne suffisait pas, au même moment, l’Italie se rapproche du point de rupture.

Georges Papandréou affirme que le référendum « va renforcer le pays dans la zone euro ». Ses partenaires sont nettement plus réservés. Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont réaffirmé que le plan est « la seule voie possible pour résoudre le problème de la dette grecque ». Ils convoquent en urgence une réunion de crise des principaux dirigeants de la zone euro, ce mercredi en fin d’après-midi à Cannes, avant l’ouverture du sommet du G20. « Ce qui compte, c’est de garder la tête froide pour limiter la casse, limiter les dégâts », souligne Yves Leterme.

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