Italie : « Les Experts » en version romaine

Le gouvernement de Mario Monti a prêté serment ce mercredi

MARIO MONTI met les bouchées doubles : son équipe est en place ! © AFP.

ROME

DE NOTRE CORRESPONDANTE

Cela n’a pas été facile, il y a passé la moitié de la nuit, mais il a réussi. Mercredi, à 11 h du matin, comme prévu, le sénateur- professeur Mario Mont a franchi le seuil du Quirinal tandis que Silvio Berlusconi faisait ses valises, au Palais Chigi. Au même moment, la Bourse a commencé à se relever.

Il a fallu, cependant, attendre plus de deux heures avant que le nouveau Président du Conseil Italien sorte du bureau du Président Napolitano pour annoncer la naissance de son gouvernement. Une équipe nettement réduite par rapport à la précédente : 16 ministres au lieu de 23. Mais quelle équipe ! Professeurs, universitaires et experts de premier ordre, choisis exclusivement pour leurs compétences, sans l’ombre d’un homme politique de l’un ou l’autre bord.

C’est probablement sur cette question délicate que Mario Monti a poursuivi des négociations jusqu’au milieu de la nuit avec le secrétaire du PDL – le parti de Berlusconi –, Angelino Alfano. Le Cavaliere aurait aimé voir dans la nouvelle formation celui qui fut son bras droit pendant des années, l’ex sous-secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil, Gianni Letta. Cette hypothèse n’aurait pas déplu à Mario Monti. La présence de Letta aurait renforcé son gouvernement au centre-droit qui est encore fort, surtout au Sénat.

Mais dans l’opposition de centre gauche, on faisait la grimace. Antonio Di Pietro avait même déclaré que voter pour un gouvernement dans lequel se trouverait Letta, serait comme voter pour Berlusconi. Impensable ! Mais il n’était toutefois pas question de prolonger l’incertitude, au risque de rendre la situation encore plus dramatique.

Passation de pouvoir « respectueuse »

Ainsi, à 17h, toute l’équipe rigoureusement « technique » s’est retrouvée au Quirinal pour prêter serment. Seul le ministre des Affaires étrangères, qui doit revenir de Washington où il était l’ambassadeur, manquait à l’appel. Parmi les ministres, il n’y a que trois femmes mais à des postes importants : Justice, Intérieur et Affaires Sociales. A la Défense, on trouve un amiral, à l’Instruction, le directeur du Centre national de Recherche, à la Culture, le recteur de l’Université catholique de Milan. Un grand banquier se voit confier à la fois le Développement économique, les Infrastructures et les Transports. « Pour bien montrer », a expliqué Mario Monti qui s’est réservé le ministère de l’Economie, « combien la croissance de l’économie sera au centre du programme gouvernemental. »

A la fin de la cérémonie, M. Monti a salué son prédécesseur « avec respect pour l’œuvre accomplie ». Une heure plus tard, autre cérémonie, au Palais Chigi cette fois, pour la traditionnelle passation de pouvoir. Silvio Berlusconi qui avait très mal vécu sa démission, et en était même tombé malade, a retrouvé son sourire. Il n’a aucune intention de prendre sa retraite. C’est même lui qui sera l’interlocuteur de M. Monti lorsque celui-ci présentera le programme de son gouvernement pour obtenir la Confiance, vendredi, à la Chambre, après le vote du Sénat, jeudi. Le Cavaliere a très longuement serré la main de son successeur. Après tout, M. Monti l’a débarrassé d’un fameux fardeau. Et, avec la Bourse qui remonte, même les actions de son empire se portent mieux !

LUKSIC,VANJA

Cette entrée a été publiée dans Monde, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.