Spotify débarque en Belgique

Musique Le streaming musical modifie les modes de consommation

C’est désormais officiel. La plateforme d’écoute de musique gratuite en ligne, Spotify, inaugure ses activités en Belgique ce mercredi. Après son lancement aux Etats-Unis en juillet, la compagnie suédoise se tourne donc à nouveau vers l’Europe où son service a conquis des millions d’amateurs de musique en France, Angleterre, Pays-Bas… Spotify a obtenu un accord avec la Sabam et les maisons de disques pour une diffusion gratuite sur internet et une redistribution des fonds générés sur le territoire du Royaume aux artistes, aux labels…

Pas de grande surprise pour cette version belge de Spotify qui reste la même qu’ailleurs dans le monde. L’écoute en streaming du catalogue de 15 millions de titres depuis son ordinateur est totalement gratuite et financée par la publicité. Des artistes locaux seront ajoutés à mesure de l’expansion de la plateforme. Deux formules payantes sont également proposées permettant d’accéder à des fonctionnalités supplémentaires (voir ci-contre).

Aucune invitation n’est nécessaire pour s’inscrire. Cependant, depuis son accord avec Facebook, le service est lié au réseau de Mark Zuckerberg. « Spotify a toujours été social, la musique est plus intéressante quand on peut la partager », explique Axel Bringéus, responsable du lancement belge. Depuis son association au géant américain, la plateforme a gagné 4 millions d’utilisateurs et a restreint son accès aux membres de Facebook. Pour les mélomanes aux choix musicaux inavouables, les Suédois ont installé une option « écoute privée » qui permet de ne pas afficher sur l’écran de ses amis ce que l’on écoute.

De nombreux concurrents

Spotify revendique dix millions d’utilisateurs dans le monde dont deux millions de clients payants. Cette société n’est qu’un des nombreux acteurs qui débarquent actuellement en Belgique dans le domaine du streaming musical. Citons par exemple le français Deezer qui vient de signer un partenariat avec Belgacom, l’allemand Simfy, we7, Qobuz, Liketrax… Toutes ces sociétés offrent le même service : un catalogue de millions de morceaux dans lequel l’internaute peut à tout moment puiser pour écouter ce qui lui passe par la tête ou ce que ses amis lui recommandent et ce sans jamais devoir physiquement posséder ce morceau.

A l’inverse du modèle iTunes d’Apple permettant d’acheter et de télécharger des morceaux sur son disque dur et qui est donc basé sur la notion de propriété, le modèle du streaming fonctionne sur un autre principe : celui de l’usage. On peut écouter tout ce qu’on veut sans devoir posséder et stocker soi-même cette gigantesque bibliothèque musicale. L’ordinateur ou le smartphone se transforme en juke-box virtuel et planétaire. Le streaming musical est une application concrète dans le domaine de la musique de ce qu’on appelle le « cloud computing », qui consiste à stocker des données sur des serveurs plutôt que sur des disques durs locaux afin de pouvoir y accéder de partout et depuis n’importe quel appareil.

L’industrie musicale a signé des accords avec toutes ces sociétés de streaming et voit d’un bon œil ce nouveau mode de consommation de la musique se développer en Europe. « On constate que dans les pays où le streaming est déjà développé, les revenus tirés de ces nouveaux services sont venus s’ajouter à ceux que l’industrie retire de la vente physique de musique (CD…) et des téléchargements (iTunes…), explique Olivier Maeterlinck, directeur général de la BEA, la fédération de l’industrie du divertissement. Bien sûr, il y a une partie de cannibalisation mais les revenus provenant du streaming dépassent les baisses de vente que nous subissons dans les deux autres catégories de revenus. C’est la même chose qu’avec iTunes. Quand ce service a été lancé, tout le monde a dit qu’il allait tuer le CD. Cela n’a pas été le cas. Les ventes de CD ont diminué mais moins vite que la croissance enregistrée sur iTunes. C’est la même chose pour le streaming musical si on en croit l’expérience des autres pays. »

Spotify affirme être déjà la plus importante source de revenus numériques pour l’industrie du disque en Europe derrière iTunes. Depuis son lancement en octobre 2008, elle a payé 100 millions d’euros aux ayants droit.

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
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