Google met la Belgique sur internet

Technologies Street View a photographié et mis en ligne toutes les rues du pays

Depuis ce mercredi matin, des milliers d’internautes belges ont eu le même réflexe de curiosité : aller voir leur maison sur Google Street View. Cette fonctionnalité très populaire de l’univers Google est en effet enfin accessible dans notre pays. Désormais chaque ordinateur dans le monde est une fenêtre sur les rues de Belgique. On peut se balader virtuellement avec une vision à 360 degrés dans pratiquement n’importe quel coin du pays sans quitter son salon. Google ne prétend pas couvrir tout le pays – certains petits villages ou rues ont été oubliés – mais une très grande partie. Les images remontent pour la plupart à 2009 et 2010.

La Belgique est le 31e pays à disposer de Google Street View. Pourquoi cette arrivée si tardive ? Notamment parce qu’il a fallu mettre au point pour la première fois une technologie qui permette d’afficher les noms des rues dans les deux langues.

De nombreuses entreprises vont sans doute maintenant s’emparer de cet outil pour faire la promotion de leurs services (hôtels, sites touristiques…). On peut s’attendre aussi, comme dans d’autres pays, à des débats autour de la question du respect de la vie privée. Tous les visages et plaques d’immatriculation n’ont pas été « floutés » (lire ci-contre).

Comment ça marche ?

Pendant des mois – principalement en 2009 et 2010, mais aussi un peu en 2011 –, des voitures baptisées Google Cars et équipées de caméras ont sillonné les rues du pays pour prendre des photos à 360 degrés. Pour les rues piétonnes, les allées de parcs ou encore la Grand-Place de Bruxelles, les équipes de Google ont eu recours à des tricycles équipés de ces mêmes caméras. Les images ont été ensuite assemblées pour donner l’impression de continuité.

Accéder à Google Street View est assez facile. Une fois sur Google Maps, il faut soit zoomer au maximum sur une rue soit déplacer sur la rue que l’on souhaite visiter le pegman, c’est-à-dire le petit personnage jaune à gauche de l’écran symbolisant la position de l’utilisateur. En survolant la carte avec le pegman, les rues disponibles sur Google Street View se colorent en bleu. Celles qui restent en blanc n’ont pas été filmées, le plus souvent parce qu’il s’agit de rues privées.

Quid du respect de la vie privée ?

Dès son lancement en 2007, Google Street View a soulevé de nombreuses questions. Des gens qui se reconnaissaient dans la rue ou à la terrasse d’un café estimaient qu’il s’agissait d’une violation de leur vie privée. Suite à ces critiques, Google a mis en place un logiciel de « floutage » automatique des visages et des plaques d’immatriculation. Force est de constater qu’il n’est pas encore entièrement au point. Quelques petits tests ce mercredi ont très vite permis d’identifier des voitures avec des plaques d’immatriculation visibles ou des visages parfaitement reconnaissables.

En Allemagne, face à la pression de l’opinion publique, Google a dû mettre en place un système permettant aux gens d’exiger le « floutage » de leur maison. En Belgique, cette possibilité existe aussi. Si vous constatez que vous êtes reconnaissable ou si vous ne voulez pas que votre maison apparaisse dans Street View, il est à tout moment possible de cliquer sur le lien « signaler un problème » afin de remplir un dossier qui sera traité – on le jure chez Google – par des êtres humains. C’est sans doute ce que devra faire le bourgmestre d’Auderghem Didier Gosuin qui a constaté en allant voir l’image de sa maison que des affiches électorales à son effigie sont plantées dans sa pelouse. Les photos ont été prises durant une campagne électorale. Il juge cela inacceptable. En Belgique, l’entreprise américaine a déjà eu maille à partir avec la Commission de la protection de la vie privée pour un dossier connexe à Google Street View. Les voitures qui sillonnaient la Belgique ne se sont pas contentées de filmer les rues mais aussi de scanner les différents réseaux wifi actifs dans celles-ci. A cette occasion, des bribes de conversations électroniques et des mots de passe ont été interceptés et stockés par Google ce qui constitue une infraction à la législation belge. Google a reconnu ses torts et a conclu un arrangement avec la Commission de défense de la vie privée. Il y a quinze jours, il lui a versé la somme de 150.000 euros.

A quoi ça sert ?

Street View peut être utile à tout le monde. Il permet de vérifier à quoi ressemble un restaurant/hôtel avant de réserver ou de visionner l’itinéraire pour s’y rendre. Ceux qui cherchent à louer ou acheter une maison/appartement pourront gagner un temps précieux en visualisant le quartier où le bien se situe (le site Immoweb.be a déjà intégré Google Street View). Une personne handicapée pourra repérer à l’avance où se situent les places de parking qui lui sont réservées… Un chauffeur de bus pourra se faire une idée de la largeur des rues et chercher les bons endroits où faire ses manœuvres.

Street View est aussi un outil pour les entreprises. Le secteur du tourisme en est friand. Ce n’est pas un hasard si le lancement de Google Street View a été annoncé à l’hôtel de ville de Bruxelles en présence du bourgmestre de la Ville Freddy Thielemans et du ministre bruxellois du tourisme Christos Doulkeridis. Les sites de promotion touristique régionaux intègrent déjà Street View. En dévoilant leurs beautés sur internet, les Régions espèrent bien donner l’eau à la bouche aux touristes potentiels qui se cachent aux quatre coins du monde.

Visitbrussels.be, l’agence de communication de la Région bruxelloise pour le tourisme, est même à la base d’une première mondiale. Grâce à un partenariat avec la société belge Softkinetic, elle permet de se promener virtuellement dans les rues de Bruxelles sur un grand écran de télévision sans manipuler une souris. La navigation se fait via la gestuelle. Une caméra 3D fixée à la télévision analyse les mouvements de l’utilisateur. Un léger tour de tête vers la droite ou la gauche orientera l’image dans le sens souhaité. Ecarter ou en joindre les mains permet de zoomer ou dézoomer. On devrait voir cette innovation apparaître dans les gares, aéroports, halls d’hôtel…

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
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