David Susskind n’est plus

Décès. Il a marqué le judaïsme belge de son empreinte

David Susskind avait fondé en 1970 le Comité de coordination des organisations juives de Belgique. © pierre-yves thienpont.

Une figure marquante de la communauté juive belge, David Susskind, est décédée paisiblement dans la nuit de jeudi à vendredi. Il avait 86 ans.

Les hommages se sont succédé vendredi pour saluer la mémoire d’un homme qui était, comme l’a observé par exemple Elio Di Rupo, le président du PS, « une personnalité hors norme qui s’est battue toute sa vie pour un monde plus juste, un militant acharné et inlassable en faveur de la paix au Moyen-Orient (…), qui a toujours misé sur le dialogue et la compréhension mutuelle entre les peuples et les communautés ».

Cette emphase n’a rien d’exagéré et nous ne pouvons énumérer toutes les réactions émues. Citons tout de même Philippe Markiewicz, ancien président du CCOJB (Comité de coordination des organisations juives de Belgique) dont David Susskind avait été le fondateur en 1970, qui tient à souligner le sens de ce qu’il perçoit comme le dernier combat du défunt : « Très marqué par la disparition de sa mère en 1942 assassinée dans le camp d’Auschwitz, il s’est battu pour le souvenir de la Shoah dans la volonté bien affichée de défendre le futur de nos démocraties. »

Le sens de ses combats

L’Union des anciens résistants juifs de Belgique rappelle de son côté que « pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’était qu’un tout jeune homme, il s’était engagé dans la Résistance dans les maquis français. Rentré en Belgique, orphelin de père dès l’enfance et de mère disparue à Auschwitz, David Susskind s’est imposé dans la communauté juive de Belgique et bien au-delà comme un homme de cœur et d’engagement, sachant allier réflexion et action, combat pour la mémoire et pour l’avenir, pour une identité juive forte dans le respect mutuel des uns et des autres ».

Sa femme Simone nous a confié comment elle croyait que David aurait aimé qu’on se souvienne de lui. « Montrer comment on peut être un Juif sans religion mais sans rejet de la religion, comment unir valeurs juives et valeurs universelles. C’est ce qui a guidé tous ses combats, depuis le sauvetage des Juifs d’Union soviétique dans les années 70 jusqu’à la création du CCOJB et, avant, du Centre communautaire laïque juif, en passant par la lutte pour la restitution des biens juifs volés ou contre l’installation d’un carmel à Auschwitz. Et n’oublions pas ce qui a fort compté dans sa vie : son combat pour Israël, qui passait pour lui par l’émergence d’un Etat palestinien. »

Nous ajouterons à ces hommages que nous garderons de David Susskind le souvenir personnel d’un homme qui avait certes son caractère, mais qui savait être juste, chaleureux, combatif, passionné, soucieux d’apporter sa pierre à l’édification de la paix au Proche-Orient, et profondément affligé par la tournure funeste des événements.

David Susskind avait quatre enfants de deux mariages, et quatre petits-fils. Il sera inhumé au cimetière de Kraainem, lundi à 11 heures.

LOOS,BAUDOUIN
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