Johnny : rock against the clock

Musique A soixante-huit ans et après avoir frôlé la mort, Hallyday revient en force

Treize chansons en concert privé au balcon de la tour Eiffel, samedi soir. Un show très rock, avant-goût de sa 181e tournée dont le coup d’envoi aura lieu à Los Angeles le 24 avril. Johnny Hallyday, qui prépare un nouvel album pour fin 2012, a montré que sa voix, son énergie et son humour restaient intacts. © AFP

PARIS

De notre envoyée permanente

Johnny n’est pas mort, il se déchaîne encore. Et ceux qui guettaient le papy Hallyday, qui avait failli passer de vie à trépas il y a deux ans, ne l’auront pas reconnu. Rock against the clock : à soixante-huit ans, avec une pêche d’enfer, il a présenté samedi soir la tournée 2012 qui l’emmènera en juin prochain à Anvers (1).

« Wap dou wap ! », lance-t-il, décontracté, à la bonne centaine de journalistes invités et soignés au champagne qui l’attendent dans un salon de la tour Eiffel. Aux côtés de son nouveau producteur, Gilbert Coullier, Johnny joue la sérénité et même l’humour. Heureux, manifestement, de reprendre la musique après une saison au théâtre où il jouait dans Le Paradis sur terre, de Tennessee Williams. A la question d’un journaliste local qui lui demande ce que ça lui fait de revenir chanter à la foire aux vins de Colmar, il répond même, sous les rires : « Heu, je vais essayer de pas trop boire avant de monter sur scène ! »

Laetitia est là, discrète. Laura, aussi. Et c’est un homme apaisé qui prend plaisir à répondre à toutes les questions. « On a dit tellement de choses sur moi, maintenant je m’en fiche ! », lâche-t-il. Malade ? Il ne l’a jamais été. « J’ai juste eu mal au dos et j’ai fait une opération qui n’a pas très bien réussi. » Ruiné ? « On n’est jamais riche en France. » Places de concert soldées ? « Il n’y a que votre journal pour parler toujours d’argent ! Vous n’avez rien d’autre à faire dans la vie que d’emmerder les gens ? », lance-t-il à la journaliste du Parisien.

Los Angeles, Moscou, Anvers

Cette tournée, qui l’emmènera en France et en Belgique, mais aussi à Los Angeles, à Londres, à Moscou et à Tel Aviv, ne sera pas la dernière. Même si la chanson inédite qu’il offre pour l’occasion en téléchargement gratuit à ses fans – « Autoportrait » – et le « showcase » qui en assure la promo (avec « Né dans la rue » et « Fils de personne ») sonnent comme un bilan. Pas question de suivre l’exemple d’Eddy Mitchell qui a tiré un trait sur la scène. Le jour où il ne pourra plus ? « Je ferai peut-être crooner ? », glisse-t-il. Comme si le personnage qui chante « L’idole des jeunes » avait gagné en second degré…

Hallyday travaille en ce moment au choix des chansons qui composeront son show. « Il y aura des choses des années 70, 80, 90 et 2000. Des morceaux qui ont très bien marché à l’époque mais que je n’ai plus joué sur scène depuis longtemps. » La production annonce un spectacle à la hauteur des précédents. La démesure ? Avec 200 personnes sur scène et un budget de 13 à 15 millions d’euros, Gilbert Coullier assume. Mais pas question de verser dans le syndrome Michael Jackson, jure le producteur. « Il n’y aura que deux ou trois dates par semaine. Je n’ai pas fait une tournée éreintante. »

(1) Il sera au Sportpaleis d’Anvers les 8 et 9 juin. Locations : 070/345 345 et www.johnnystade.be.

MESKENS,JOELLE
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