Feu vert au gouvernement papillon

Parlement La Chambre a voté, samedi, la confiance à Elio Di Rupo

Jan Jambon (N-VA) et Elio Di Rupo à la Chambre. Presque côte à côte. En fait, toujours face à face… © Belga.

Ça y est. Le gouvernement Di Rupo est enfin sur les rails. La Chambre lui a accordé sa confiance, samedi, par 89 oui et 54 non. La N-VA, Ecolo-Groen, le Vlaams Belang, le FDF, la Lijst Dedecker et le MLD de Laurent Louis ont voté contre.

Ces trois derniers partis ont été les derniers à dire tout le mal qu’ils pensaient de l’accord gouvernemental. C’est une coalition « de la résignation et du doute », a lancé Olivier Maingain, président du FDF. Qui lance aussi cet avertissement à Di Rupo : « Il y a une majorité que vous ne maîtriserez pas, c’est la majorité au nord du pays. »

Justement, ce gouvernement n’est pas majoritaire en Flandre et la N-VA ne s’est pas privée de le répéter encore et encore. Ben Weyts s’est moqué d’une manière qui se voulait burlesque, mais qui fut surtout ridicule, d’un CD&V réjoui par un accord communautaire qui ressemble à « un lapin sans pattes et sans oreilles ». On est resté dans le registre du show, plutôt bête, avec Jean-Marie Dedecker et surtout Laurent Louis (MLD), qui s’est fait rappeler à l’ordre par le président de la Chambre André Flahaut tant son discours était injurieux. On notera que celui qui fut élu au sein du Parti Populaire a réclamé la fin des facilités dans la périphérie et s’est fait vivement applaudir par la N-VA et le Vlaams Belang.

Dans ses répliques, Elio Di Rupo s’est d’abord adressé à la N-VA : « Le choix de la N-VA pour l’opposition ne fait pas de ce gouvernement un gouvernement illégal. Notre légitimité repose sur les solutions que nous avons trouvées pour sortir le pays de la crise. » Le premier ministre a longuement répondu aux critiques qui lui ont été adressées sur le volet socio-économique de l’accord. Il commence sur une pirouette : « Certains estiment que l’accord est trop à gauche, pour d’autres trop à droite. Sans doute est-il surtout équilibré. » Et aux donneurs de leçons budgétaires, il lance : « On peut faire des incantations et je peux en faire. Mais il faut trouver les sous quelque part. Si quelqu’un a des idées pour épargner chaque secteur, de grâce, qu’il n’hésite pas à me les communiquer. »

Le « gouvernement du changement »

Ce sera un des rares traits d’humour entendus dans la déclaration d’un Di Rupo visiblement soucieux de défendre l’aspect social de l’accord. On n’a pas touché à la sécurité sociale, dit-il. « C’est notre patrimoine et c’est surtout le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. » Le Premier ministre est allé dans le détail des mesures prises comme lorsqu’il s’est justifié sur la suppression des incitants fiscaux en matière d’énergie. Cela n’a pas du tout convaincu Olivier Deleuze (Ecolo) qui n’en démord pas : « C’est un gouvernement conservateur », a-t-il répliqué après qu’Elio Di Rupo eut conclu son discours sur un lyrique : « Nous serons le gouvernement du changement. Un changement profond et durable mais sans rupture de notre modèle social, sans rupture de notre modèle fédéral. »

La nouvelle majorité a applaudi. Jan Jambon (N-VA) et Gerolf Annemans (VB) sont montés une dernière fois à la tribune pour attaquer le CD&V et surtout l’Open VLD. « C’est un coup d’Etat, a éructé Annemans. Avec la N-VA, nous mènerons une opposition très dure. » Et de lancer à Alexander De Croo : « Vous allez nous entendre. » Le contraire aurait été étonnant.

VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE
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