Malgré les grèves, le gouvernement tient le cap

© Pierre-Yves Thienpont/Le Soir

Ils débrayent. Fonctionnaires, agents de la SNCB, enseignants, conducteurs de bus et de métro. Ce jeudi, la Belgique sera à l’arrêt durant toute la journée. « Nous pensons que cette grève sera très bien suivie », estime Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC.

Les manifestants entendent protester contre la réforme des pensions, dont le processus législatif a commencé. Ces mesures prévoient, entre autres, des reports de deux ans de l’âge de la retraite anticipée. Elles imposent également une révision du mode de fixation des montants des pensions publiques : elles seront calculées sur les 10 dernières années d’activité et non sur les 5 dernières, certes avec des mesures transitoires. Autre point qui irrite : les interruptions de carrière, comme les crédits-temps sans motifs, ne pourront plus être comptabilisées que de manière limitée dans le calcul de la pension. Ces réformes sont actuellement à l’examen devant le Parlement.

Autre raison du courroux : les déclarations du ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne (VLD), qui a annoncé dans plusieurs médias ce week-end qu’il travaillerait à moyen terme sur une unification des trois grands systèmes de pensions : fonction publique, secteur privé et indépendants. Ces déclarations ont, sinon déclenché la grève, en tout cas dopé le mouvement.

Mercredi, des réunions entre ministres et syndicats se sont multipliées, mais elles n’ont donné aucun résultat. Le matin, les responsables patronaux et syndicaux nationaux du Groupe des Dix ont rencontré le conseil des ministres restreint. Cela n’a pas permis de désamorcer le mouvement, mais « l’ambiance a été calme et constructive », nous ont dit ministres, syndicalistes et représentants patronaux.

Les partenaires se sont accordés sur la nécessité de reprendre un processus de négociation sociale de long terme, pour encadrer les réformes à venir.

Le ministre des Pensions, lui, a rencontré les syndicats de la fonction publique. Mais à nouveau, la réunion n’a pas permis d’apaiser les esprits. « Tant que le ministre ne nous fait pas part de sa volonté d’amender les textes sur les points qui nous semblent erronés, nous continuerons notre opposition », dit un syndicaliste présent à la réunion.

De son côté, le gouvernement n’a pas la volonté de revenir en arrière. « Il n’y a pas de divergences de vue au sein du gouvernement. Nous sommes tous résolus à mettre la réforme en œuvre, y compris le Premier ministre. Les textes devraient être votés au plus tard samedi », nous a confié un ministre, qui précise que de nombreux amendements ont déjà été introduits « pour corriger des injustices. »

De son côté, le ministre des Pensions s’est montré plus conciliant, durant la journée, aux dires de syndicalistes et d’un ministre. « Il a reconnu des erreurs de communication, a indiqué qu’il aurait préféré que la discussion se passe autrement, mais qu’il n’avait pas le choix, en raison de la pression des marchés et des exigences de la Commission européenne. », dit une source gouvernementale.

Une fois les textes votés, la contestation va-t-elle durer ? Beaucoup, notamment au sein des cheminots, sont résolus à en découdre. Le gouvernement table, lui, sur un affaiblissement du mouvement, estimant que la trêve de Noël apaisera les esprits. Les syndicats estiment aussi qu’il sera difficile de maintenir la contestation. Mais ils promettent de revenir au feu dès janvier. « Le préavis de grève du 30 janvier est maintenu, et après, l’opposition pourra se poursuivre si le gouvernement continue à mettre en œuvre réformes sans concertation », tonne un représentant syndical national.

DEMONTY,BERNARD
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