1923 : hommage à Gabrielle Petit

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Le 21 juillet 1923 était inauguré, place Saint-Jean à Bruxelles, un monument en hommage à Gabrielle Petit.

Née à Tournai, en 1893, Gabrielle Petit s’est enrôlée dans la Croix-Rouge, lorsque la guerre éclate en août 1914.

Elle est recrutée par les services britanniques et elle accepte de diriger un service de renseignements, appelé Service de Mademoiselle Legrand. Elle constitue un petit groupe d’agents chargés de surveiller les déplacements et les effectifs des troupes allemandes. Elle aide également de jeunes volontaires à rejoindre l’armée belge et diffuse de la presse clandestine.

Gabrielle Petit est arrêtée le 2 février 1916 par l’occupant. Elle est condamnée à mort pour espionnage le 3 mars par le Conseil de guerre allemand de Bruxelles. La sentence sera exécutée le 1er avril 1916.

Ses funérailles nationales furent célébrées en mai 1919 par le cardinal Mercier.

En ce jour de Fête nationale, en présence de la reine Elisabeth et de la princesse Marie-José, est inaugurée la sculpture d’ Égide Rombaux. La place Saint-Jean est noire de monde et la foule déborde dans les rues adjacentes comme le relate l’article  « ’hommage à Gabrielle Petit »  paru dans Le Soir du dimanche 22 et lundi 23 juillet 1923 :

« C’est M. José Hennebicq, président de la Ligue des Patriotes, qui prit le premier la parole, pour remettre le monument à la ville :

« Le 1er avril 1916, au lever du jour, une jeune fille était conduite au Tir National de Bruxelles et assassinée par les Allemands. Elle avait 23 ans, et, aux yeux de l’ennemi, elle avait commis ce crime d’aimer son pays jusqu’à  la mort pour le servir. Elle offrait sa vie en holocauste pour le salut de la Patrie ; elle immolait sa jeunesse sur l’autel de la Patrie…

Cette jeune fille qui aurait pu crier qu’elle était femme et qu’elle était jeune, et peut-être aurait-elle apitoyé ses bourreaux… Mais elle s’était conduite en soldat, et voulut être traitée comme tel…

Elle refusa de demander grâce à un ennemi qu’elle méprisait, et elle se prépara à la mort avec cette sérénité que seules peuvent connaître les grandes âmes, au moment de s’évader de ce monde.

Refusant le bandeau qu’on lui tendait, elle voulut regarder la mort en face, et en tombant elle jeta à l’ennemi, comme un défi, ce cri d’amour et d’espérance : « Vive la Belgique ! »

(…) Avant l’inauguration la Reine avait eu la délicate pensée de faire déposer des fleurs sur la tombe de l’héroïne, au cimetière de Schaerbeek.

Après la cérémonie, elle renouvela ce geste : accompagnée de la princesse Marie-José, elle déposa une gerbe au pied du monument.

Toutes les sociétés défilèrent ensuite devant le piédestal, qui fut bientôt couvert de fleurs.

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