L’illustrateur britannique Ronald Searle est mort

Illustration Disparition, à 91 ans, d’un géant méconnu

On avait presque oublié, avec l’arrivée du Chat de Philippe Geluck, que les félins avaient déjà été les sujets d’une inspiration incroyable. Oh, pas sur le même ton que notre compatriote. Non, le Britannique Ronald Searle avait une technique et une imagination toute différente. Ses chats étaient croqués d’un trait fin, léger et libre, virevoltant souvent, relevé de quelques touches d’aquarelle. Ils avaient une grâce infinie, mais étaient capables d’un humour féroce. Ou absurde. Et ils n’étaient pas les seuls objets des traits d’esprit de leur cruauté !

Tout cela au passé, car on a appris hier seulement le décès de l’immense illustrateur-dessinateur, survenu à Draguignan, dans son sommeil, durant la nuit du 30 décembre.

On savait que, depuis le décès de son épouse Monica l’été dernier, sa santé était devenue chancelante. Voici à nouveau réuni ce couple qui avait choisi de quitter Paris pour la Provence en 1975.

« En Angleterre, avait coutume de dire Ronald Searle, ils me croient mort ! »

Disparu à l’âge de 91 ans, l’artiste laisse une œuvre magnifique et diversifiée, bien qu’assez méconnue du côté francophone. Il a fait du dessin de presse, pour le New Yorker, le New York Times et Le Monde notamment (pour Punch à ses débuts). Il a illustré des livres pour enfants, des albums pour les adultes aussi. Il a créé de nombreuses affiches, des publicités. Il est évidemment l’auteur de la série humoristique dessinée St. Trinian’s, créée dès les années 40, du nom d’un pensionnat pour jeunes filles anarchique et qui sera adaptée pour le cinéma.

Ronald Searle était né à Cambridge en 1920. Son père était porteur de bagages. Dès l’âge de cinq ans, il dessine. A quinze ans, il est déjà publié. Ensuite, il part à la guerre. Il sera fait prisonnier en Malaisie et réalisera en secret d’innombrables dessins durant cette détention pénible. Il en fera des livres après sa libération. Rentré en Grande-Bretagne, il publie, se marie, devient père de jumeaux et dessine, dessine, dessine. Le monde le découvre et l’apprécie. Lors d’un voyage en France il rencontre celle qui deviendra sa deuxième épouse. Au terme d’un divorce difficile, il quitte l’Angleterre pour Paris.

Pour (re)découvrir son talent inouï et sa façon tellement personnelle de voir et dire les choses, il reste quelques livres illustrés par lui en librairie, trop peu : Les aventures du baron de Münchhausen (Editions du lampion, 2010), Bestioles un peu folles, une ménagerie tout en rimes (texte de R. L. Forbes, Jean-Claude Gawsevitch, 2008) et Ronald Searle dans Le Monde (Cherche-Midi, 1998) ; son plus célèbre album, Les chats de Searle, chez Albin Michel (1992), est hélas épuisé.

Voir aussi le blog de Matt Jones :

http : //ronaldsearle.blogspot.com/

CAUWE,LUCIE
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