Place Saint-Lambert en 1919

LIEGE

Le 24 juillet 1919, la Ville de Liège reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur. La remise de cette distinction honorifique se déroule place Saint-Lambert au pied de l’immeuble « Le Tivoli » qui a été démoli dans les années septante.

On y a dressé «une vaste tribune tendue de rouge ». On peut lire cette information dans  le long reportage du Soir  « Gloire à Liége » paru le vendredi 25 juillet 1919 et dont voici quelques extraits :

«Le président Poincaré, accompagné du général Foch, a décoré aujourd’hui de la Légion d’honneur la ville de Liége.

(…)Le 29 juillet 1914, au meeting du Cirque de Bruxelles, [ voir la photo « juillet 1914 : Jean Jaurès à Bruxelles ] Jean Jaurès, dans un moment d’exaltation prophétique, en annonçant la nouvelle invasion des Huns s’écriait : « Mais il arrive parfois que le cheval d’Attila trébuche ! ».

Le cheval d’Attila a pour la seconde fois trébuché dans les plaines catalauniques. Mais si le coursier qui portait la fortune de l’Allemagne a trébuché sur les bords de la Marne, c’est qu’il avait buté à Liége !

Gloire à Liége !

Honneur à Leman !

Merci au président Poincaré et au généralissime Foch de l’avoir proclamé au nom de la France une fois de plus.

Les noms de Liége et de Leman traverseront les siècles comme ceux des Thermopyles et de Léonidas.

(…)La réception faite par la ville de Liége au président de la République, et la remise solennelle de la Légion d’honneur à la ville ont été ce qu’on en attendait : elle se sont accomplies dans un enthousiasme délirant.

Une foule formidable, dépassant tout ce qu’on prévoyait, était descendue dans les rues de la ville, sur le passage du cortège. (…) Aucun incident fâcheux n’est venu troubler la grandeur de cette journée. A supposer qu’on dût avoir des craintes, on n’aurait pu, du reste, que redouter un excès de sentiments francophiles, donnant lieu à des manifestations regrettables pour l’unité belge. Rien de semblable ne s’est produit, et la foule, dans ses acclamations frénétiques, a mêlé les noms du Roi, de la Reine, de l’armée belge à ceux du président Poincaré et de Foch.

Le train royal est entré en gare des Guillemins à 10 heures. (…) La place des Guillemins, devant la gare, est décorée de grands panneaux allégoriques où se lit l’inscription : Salve. (…)

Un arc de triomphe splendide, érigé boulevard d’Avroy, face à la statue Rogier, est entouré de fillettes fleuries. Au sommet de l’arc de triomphe, dominé par des statues, on lit cette inscription : « A la France ! ».

Le parcours triomphal du cortège est relaté avec enthousiasme et de nombreux détails. Ensuite  Le Soir publie le texte des discours du bourgmestre Gustave Kleyer et du président français Raymond Poincaré.

(…) Dans le discours du Président la foule souligne par des acclamations le passage consacré à l’exaltation des lettres belges, et quand M. Poincaré cite les vers de Verhaeren extraits du poème Ceux de Liége, nous entendons crier : « Vive Verhaeren ! Vive Liége ! »

On acclame le très joli couplet du discours consacré à Liége et à Verdun, les villes-sœurs de la Meuse.

Quand le discours est terminé, le Président serre longuement la main à M. Kleyer, puis il épingle la croix de la Légion d’honneur sur un coussin que lui tend l’échevin Hénault, coussin aux couleurs de la ville et aux couleurs de la Belgique emmêlées, puis M. Hénault dresse vers la foule immense le coussin. On voit se détacher au pied du Perron Liégeois la croix glorieuse. Et la foule acclame avec délire comme jadis les foules mystiques qui apercevaient une relique fameuse.

La Brabançonne et la Marseillaise sont chantées en chœur par des milliers de poitrines, et des fenêtres, des balcons, le Roi, la Reine, le Président, le maréchal Foch sont acclamés avec frénésie.

Les soldats et les civils placés au pied de la tribune entonnent le Valeureux Liégeois, qui n’a pas moins de succès. C’est avec peine que les fantassins et les cavaliers se frayent un passage à travers la foule pour permettre aux souverains de se rendre à l’Hôtel de Ville.

(….)

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