La grève du Net américain

Internet Ecran noir pour Wikipedia

Jimmy Wales, patron de Wikipedia.

Wikipedia mettra ses menaces à exécution. La célèbre encyclopédie en ligne sera en grève ce mercredi durant 24h00 pour protester contre deux législations en cours d’examen au Congrès américain – Sopa et Pipa – visant à lutter contre les sites hébergeant des contenus pirates. Des lois qui, selon Wikipedia et l’immense majorité de l’industrie du Net, mettent gravement en danger un internet libre, gratuit et ouvert. Concrètement, cela signifie que la version anglaise du site sera indisponible. Wikipedia a déjà recouru brièvement à l’écran noir en octobre dernier, mais sur sa version italienne, pour protester contre un projet de loi de censure du gouvernement Berlusconi.

Dans la foulée de cette annonce de Wikipedia, toute une foule de sites ont annoncé qu’ils lui emboîteraient le pas. Cela va du plus petit blog aux plus grands sites. La liste est longue (1). Parmi les grands noms, citons Google qui ne sera pas en grève mais placera un lien sur sa page d’accueil notifiant son opposition aux deux lois, la plateforme de blogs WordPress, l’association qui a créé le navigateur Firefox Mozilla, le site de téléchargements Tucows, le site de partage d’images Imgur, le site de partage de liens Reddit…

Sopa et Pipa visent toutes les deux à lutter contre les sites proposant des contenus pirates localisés hors des Etats-Unis. Ces lois soutenues par les grands lobbies de l’industrie cinématographique et musicale permettraient de bloquer l’accès à ces sites, de contraindre les moteurs de recherche à les déréférencer et de forcer les sites de paiement et les régies publicitaires à stopper toutes relations commerciales avec eux.

L’internet américain part en grève alors que le projet de loi Sopa a justement du plomb dans l’aile. L’administration Obama a clairement signifié ce week-end que le texte dans l’état actuel ne lui convenait pas. Il est donc ajourné. Mais pour Wikipedia, il n’y a aucune raison de crier victoire. Parce que Pipa, la sœur jumelle de Sopa, continue son parcours législatif, explique Sue Gardner, de la Wikimedia foundation. « Et parce que ces deux législations sont juste des indicateurs d’un problème plus large. Partout dans le monde, nous voyons le développement de lois visant à réguler l’internet qui heurtent nos libertés sur le web. Nous voulons que l’internet reste libre et ouvert partout dans le monde, pour tout le monde ».

(1) La liste se trouve sur le site

http://sopastrike.com/

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
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