« Mort aux Taxes » en 1933

mort aux taxes

De 1931 à 1935, trois gouvernements catholiques-libéraux se sont succédé. Pour affronter la crise la plus grave qu’avait jamais connue le pays et l’ensemble du monde capitaliste et pour imposer aux travailleurs une politique impopulaire de restrictions, ces gouvernements se firent accorder par le Parlement des « Pouvoirs spéciaux ».
En 1933, Charles de Broqueville était  Premier ministre quand les patrons pâtissiers, touchés par une nouvelle taxe, ont manifesté.

Dans son édition du 2 octobre 1933, le Soir a publié le reportage de cette manifestation :

« La manifestation organisée par l’Union des Patrons Pâtissiers de Belgique pour protester contre l’ensemble des taxes récemment décrétées par le gouvernement, s’est déroulée dimanche après-midi dans une atmosphère paisible. Plusieurs milliers de professionnels du four et du pétrin, venus des régions les plus éloignées du pays, répondirent à l’appel des organisateurs. (…)
Le rassemblement est fixé à deux heures, à l’Allée-Verte. La concentration s’effectue avec une certaine lenteur et non… en un « éclair », ainsi qu’on eût pu l’espérer. Aussi le cortège s’ébranle-t-il  avec une grosse heure de retard.
Un contingent de policiers ouvre la marche. Viennent ensuite les dirigeants du mouvement, suivis de leur drapeau, cravaté de crêpe. Tous les manifestants, sans distinction, arborent en signe de ralliement une rondelle en carton portant une tête de mort posée sur deux tibias croisés et cette inscription bilingue : « Mort aux taxes ». Cet insigne macabre, les hommes l’ont glissé derrière leur chapeau, tandis que les femmes – nombreuses dans le défilé – l’ont épinglée à leur corsage. »

Déjà dans son article du 1er octobre,  « La Taxe sur les pâtisseries », Le Soir soutenait la protestation des boulangers.
« Nous avons dit que la Fédération des pâtissiers-boulangers de Belgique organisait dimanche une manifestation pour protester contre la nouvelle taxe de 9 p.c. qui frappe tout produit de pâtisserie. Il y a lieu toutefois de souligner, nous dit-on, que la protestation de la Fédération vise moins la nouvelle taxe que ses modalités d’application.
Les nécessités de notre trésorerie imposant de lourds sacrifices, il faut bien se résoudre à les supporter ; mais cela doit être réparti équitablement entre tous les contribuables. Il semble, à ce point de vue, que l’industrie pâtissière et boulangère soit frappée plus que de raison. Pour beaucoup de petits patrons, ce sera un coup mortel.
Mais que dire du système de perception de cette taxe ? Chaque fabricant sera astreint à inscrire tous les produits au fur et à mesure de leur fabrication et la taxe sera appliquée non point sur les produits vendus, mais sur tous les produits fabriqués. Le pâtissier devra donc payer même si les marchandises lui restent pour compte.
Quel travail et souvent combien compliqué !»

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