Bouli Lanners est un géant

Cinéma Palmarès de la deuxième cérémonie des Magritte

Matthias Schoenaerts, meilleur acteur pour « Rundskop » et Bouli Lanners, meilleur réalisateur pour « Les Géants » sous l’œil amusé de Lubna Azabal, meilleure actrice pour « Incendies ». © Belga.

Cérémonie des Magritte, deuxième !

Après le triomphe absolu de Jaco Van Dormael et de son Mister Nobody l’an dernier, 2012 couronne Bouli Lanners et ses Géants avec cinq Magritte dont celui de meilleur film et de meilleur réalisateur mais aussi Michael R. Roskam et sa Tête de bœuf (Rundskop) avec quatre trophées. Un Wallon et un Flamand. Miracle à la belge ! Preuve qu’il est ridicule de voir le cinéma belge d’un seul œil, l’œil francophone ou l’œil flamand. Comme l’a dit Michael R. Roskam, samedi soir, en rejoignant sur scène les producteurs flamands et francophone (Artémis Production) de son film pour recevoir le Magritte du meilleur film flamand en coproduction : « Ce prix est important. C’est la preuve que pour faire un film belge, il nous faut des Belges. »

L’Académie André Delvaux fait des petits pas. On trouve désormais une section « meilleur film flamand en coproduction ». Un jour, loin d’Absurdie, elle réussira peut-être à fédérer le Nord et le Sud afin que films flamands et films francophones se retrouvent à égalité aux Magritte dans la section « meilleur film ».

Les gens du cinéma belge voyagent du nord au sud et d’est en ouest, et même au-delà. Melting-pot dont plusieurs exemples ont été salués samedi soir. Lubna Azabal, fille d’un Marocain et d’une Espagnole, née à Bruxelles, fut sacrée meilleure actrice pour son rôle dans Incendies, du Québécois Denis Villeneuve. Jérémie Renier reçoit le Magritte du meilleur second rôle pour sa prestation dans Potiche, de François Ozon. Quant à Virginie Efira, qui fait carrière en France, elle est repartie avec le Prix du public. Sans bien comprendre pourquoi, il est vrai.

Que retenir d’autre de cette deuxième cérémonie des Magritte ? Le bel aplomb et l’humour du jeune Thomas Doret, 14 ans, Magritte du meilleur espoir, ce qui sauve la mise aux frères Dardenne nommés huit fois pour Le gamin au vélo et repartant avec un seul trophée. Face à lui, on retiendra la grâce et l’émotion de Nathalie Baye, Magritte d’honneur. Quant à la phrase qui résume bien tout, c’est Bertrand Tavernier, président d’honneur, qui la livra, rappelant que notre cinéma est diversifié, qu’il a aussi un côté très local qui, réussi, devient universel.

BRADFER,FABIENNE
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