Whitney Houston est décédée à l’âge de 48 ans

Impossible de ne pas se rappeler sa beauté époustouflante. © AFP

The Voice », bien avant l’émission qui passionne les Belges aujourd’hui, c’était elle. Un timbre, un style, une personnalité difficile aussi. A 48 ans seulement, Whitney Houston s’est tue à jamais. A la veille de la 54e cérémonie de remise des Grammy Awards (elle en avait remporté six au cours de sa carrière), la chanteuse a été retrouvée morte, ironie du sort, par son garde du corps, dans la baignoire de l’hôtel Hilton où elle séjournait depuis quelques jours, à Beverly Hills.

Quelques heures seulement après l’annonce de son décès, dont les causes n’avaient toujours pas été précisées au moment de boucler cette édition, les hommages s’élevaient un peu partout dans le monde. Une fan, la première, s’est rendue devant l’hôtel en brandissant un panneau clamant « R.I.P Whitney ». Mariah Carey, Justin Bieber, mais aussi le père d’Amy Winehouse se sont pour leur part fendus de déclarations attristées sur Twitter. Jennifer Hudson, qui a reçu en 2009 un Grammy de la part de la diva, préparait un hommage pour la cérémonie du soir même tandis que Bobby Brown, l’ex-mari de la diva (ils ont divorcé en 2007 après quatorze années de vie commune), a éclaté en sanglots lors d’un concert qu’il donnait dans le Mississipi, après avoir lancé un « Je t’aime Whitney » en direction du ciel à la fin d’une chanson, selon plusieurs médias américains. Beaucoup beaucoup d’amour, donc, mais malgré tout un goût de trop peu, ce dimanche.

Sur le Boulevard du Crépuscule

C’étaient les années 80 et 90, c’était un autre temps, d’avant Lady Gaga, Katy Perry et Jessie J. C’était le temps où seules Madonna et Janet Jackson étaient ses vraies rivales. C’était avant que Mariah Carey et Britney Spears ne viennent refiler un sacré coup de vieux à celle qui, avec ses deux premiers albums, en 1985 et 1987, avait battu tous les records américains détenus par les Beatles et les Bee Gees. Tirés de ces deux albums vendus à trente millions d’exemplaires, ses sept singles d’affilée se sont placés à la première place du Billboard.

Whitney Houston était née, le 9 août 1963 à Newark, pour être star. Fille de la choriste Cissy Houston et cousine de Dionne Warwick, elle chante à l’église avant de se faire remarquer comme mannequin – jeune, elle est aussi belle que Rihanna – et comme chanteuse par le vétéran d’Arista, Clive Davis.

En octobre 1986, on la voit à Forest National pour son premier concert belge. Sa voix soul aux vastes capacités (qui lui vaudront le surnom de The Voice) sert des mélodies pop aux accents r’n’b qui influenceront la décennie à venir. Le problème, déjà, et on en aura la confirmation en 1988 et surtout en 1993 au Flanders d’Expo de Gand (pour une heure de concert à 50 euros !), c’est le narcissisme et l’infantilisme d’une star jouant à la diva.

On a rarement vu artiste plus imbue d’elle, aux caprices délirants. Elle ne monte pas sur scène tant que la température dans la salle n’est pas à 21º. Elle fait repeindre sa loge en rose. Elle s’entoure en permanence de gardes du corps (d’où le film The Bodyguard en 1992).

En 1994, ces bodyguards sont tellement nombreux que le réceptionniste de ce palace de Rio, sur Copacabana, nous annonce, tout contrit, qu’il a été contraint de mettre nos affaires dans une autre chambre. Tout le septième étage est réservé à Mademoiselle Houston et à son entourage. Un ascenseur lui est réservé en permanence. L’après-midi, autour de la piscine où la belle s’est installée aux côtés de Steven Tyler, l’eau n’est accessible aux clients de l’hôtel qu’aux moments où la diva ne fait pas trempette. Et ainsi de suite…

Avec les années 2000 viendra la chute. Ses disques commencent à ne plus aussi bien se vendre, la concurrence fait rage dans une industrie créant sans cesse de nouvelles idoles. À cela s’ajoutent des problèmes personnels avec son mari Bobby Brown et de drogue (herbe et cocaïne qu’elle reconnaîtra plus tard consommer à forte dose).

Whitney tentera bien un come-back en 2006 et 2009. Le public est là au rendez-vous mais la tournée est une catastrophe. La chanteuse n’est plus que l’ombre d’elle-même. Triste destin d’une voix exceptionnelle écrasée sur le Boulevard du Crépuscule. Combien de stars n’ont pas, ainsi, été adulées puis jetées en pâture, dévorées et brûlées au feu de l’amour haine !

Mais l’Amérique trouve toujours des ressources insoupçonnées pour rendre hommage à ses enfants perdues, comme on a encore pu s’en rendre compte, hier, à la cérémonie des Grammy Awards qui n’a pas manqué de verser une larme (de champagne) sur la mort de celle qu’elle a tant aimée. Et tant broyée.

ADRIENNE NIZET

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