Le centre d’Athènes à feu et à sang

Grèce Le Parlement vote pour l’austérité et le sauvetage financier du pays

Le parlement grec assiégé par les manifestants, quelques heures avant de voter un nouveau plan d’austérité historique pour le pays. © afp / aris messinis.

Le Parlement grec a voté dimanche en fin de soirée en faveur du programme économique d’austérité permettant de déclencher un sauvetage financier du pays et son maintien immédiat dans la zone euro. Ce paquet de mesures a été adopté à la majorité des voix.

Dimanche soir, durant le vote, plusieurs bâtiments, vides, étaient en flamme dans le centre d’Athènes, incendiés pour la plupart par des jets de cocktails Molotov en marge des manifestations anti-austérité. Les véhicules de pompiers ne pouvaient pas s’approcher des lieux des sinistres en raison de la foule présente dans les rues. La police appelait les citoyens à aider les pompiers à participer à la lutte anti-incendie.

Plus tôt dans la soirée, quelque 100.000 personnes s’étaient rassemblées devant le Parlement à Athènes pour protester contre l’austérité. Le compositeur Mikis Theodorakis s’était joint aux manifestants, pour dénoncer des mesures de rigueur qui, selon lui, vont conduire la Grèce à « la mort ». « Mais le peuple ne va pas céder », a affirmé le compositeur, âgé de 87 ans, grande figure de la résistance à la dictature des Colonels (1967-1974).

Au Parlement, le débat sur les nouvelles mesures d’austérité prévues par le gouvernement se tenait depuis le début de l’après-midi. La Grèce espère lancer « d’ici à ce vendredi 17 février » l’offre publique à ses créanciers privés pour la restructuration de sa dette, au risque sinon de s’exposer à « la faillite », a indiqué devant le Parlement le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos. « Nous devons adopter le nouveau programme de redressement dicté par l’UE et le FMI, sinon nous ne pourrons pas d’ici au 17 février lancer officiellement l’opération d’échange de titres » pour effacer 100 milliards de dette grecque. « Et nous ne pourrons pas procéder à l’échange à temps d’ici au 5 mars pour régler le problème du remboursement des obligations arrivant à échéance entre le 14 et 20 mars » d’un montant de 14,5 milliards d’euros, a-t-il mis en garde. « Si cela n’a pas lieu, le pays fera faillite », a-t-il lancé. « Cela signifiera un pays sans système bancaire », a-t-il commencé à détailler d’une voix tendue, avant d’être interrompu par les huées de l’opposition communiste, qu’il a accusée d’œuvrer à la « catastrophe».

« Avancer ou sombrer dans la misère »

Juste avant le début du vote, le Premier ministre Lucas Papademos avait solennellement insisté sur l’importance du choix présenté aux parlementaires : « avancer avec l’Europe et la monnaie unique » ou précipiter le pays dans « la misère, la banqueroute, la marginalisation et l’exclusion de l’euro. »

Le dirigeant bancaire Charles Dallara, négociateur de la restructuration pour les créanciers privés, avait de son côté mis en garde contre tout nouveau retard, alors que le calendrier initial prévoyait le lancement dès lundi de l’offre publique, dans un entretien publié dimanche par le quotidien Kathimérini.

L’ex-Premier ministre socialiste, Georges Papandréou, a demandé à ses troupes de voter en faveur des textes. Comme le leader de la droite, Antonis Samaras. Tous deux ont prévenu que les dissidents seront exclus. « Notre dilemme existentiel est : perdre un peu ou perdre tout, avait indiqué samedi Georges Papandréou. Le nouveau programme est difficile et dur, mais c’est notre seul espoir de ne pas vivre des situations extrêmes. » (d’après afp)

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