Au carnaval de Binche en 1948

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Jusqu’au début des années 60, au carnaval de Binche, on frappait le dos des personnes non déguisées avec une vessie de porc gonflée d’air.

« Un monsieur décoré, très droit, très digne, qui observe tout cela d’un regard dédaigneux et lointain, est passé… à la vessie, sans égard, par un groupe déchaîné d’étudiants. Pourquoi aussi ne porte-t-il pas le « nez » de circonstance. »

Cet extrait de l’article paru dans le Soir du 11 février 1948 : « Le Mardi Gras à Binche ou la joie était au rendez-vous… » est dû à Maurice Nalinnes, un reporter très lyrique :

« (…)  Mais voici le cortège qui s’engage dans la grand-rue.Sous un ciel tourmenté d’équinoxe, cependant qu’une pluie inconsistante continue de tomber, le plus délicieux « Watteau » du monde s’inscrit en teintes ardentes dans le cadre mouvant d’une foule immense, impossible, pressée sur les trottoirs, et agrippée, en lourdes masses, aux fenêtres et aux corniches : symphonie polychrome, arabesques diaprées, chatoiement infini de nuances et de tons où se mêlent, sans heurt, l’or de l’améthyste, le pourpre et l’azur.

Les petits gilles ouvrent la marche, de mignons bonshommes, qui paraissent autant de fleurs soudain écloses entre les pavés, et agitées du rythme incomparable. Il sont suivis des groupes de fantaisie, multicolores, et des paysans, précédant eux-mêmes les gilles en tenue d’apparat, glorieux maintenant sous leurs extraordinaires chapeaux en plumes d’autruche. Un brouhaha indescriptible emplit la rue, une rumeur puissante qui s’élargit en tumulte, cependant que sur la Grand-Place se déploie la prestigieuse féerie d’un premier rondeau…

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