La vie après Megaupload

Internet Kim Dotcom libéré

Kim Dotcom, le fondateur de Megaupload, a été libéré mais il doit rester à Auckland et... est privé d’internet. © Sarah Ivey/AP.

Un mois après la fermeture du site de téléchargement Megaupload, Kim Dotcom, son fondateur est à nouveau libre. Cet Allemand de 38 ans avait été interpellé le 20 janvier dans sa somptueuse propriété d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, avec trois autres responsables du site et aussitôt inculpé pour escroqueries et violations des droits d’auteurs. Par deux fois, le juge s’était opposé à la libération du millionnaire sous prétexte qu’il risquait de fuir le pays mais cette fois, il a été libéré sous caution. La justice néo-zélandaise estime que ce risque de fuite est atténué par le fait que tous les avoirs de Dotcom ont été saisis et que les enquêteurs n’ont pas découvert de nouveaux comptes bancaires à son nom. « Il a toutes les raisons de rester (ici) avec sa famille et de se battre pour récupérer ses biens », a expliqué le juge qui lui a interdit de consulter internet et de réserver des vols par hélicoptère. Il doit rester dans sa propriété.

La décision du juge néo-zélandais est un revers pour la justice américaine, qui réclame l’extradition de l’homme d’affaires et de trois autres responsables du site. Elle les accuse d’avoir tiré 175 millions de dollars (132 millions d’euros) d’activités criminelles et causé un préjudice de 500 millions de dollars aux détenteurs des droits, en proposant des copies piratées de films de cinéma et de programmes télévisés.

Un mois après la fermeture de ce site très populaire (4 % du trafic mondial d’internet), comment se sont adaptés ses utilisateurs ? Certains d’entre eux semblent s’être dirigés vers l’offre légale (et payante) pour s’approvisionner en films et en séries. En France, les chaînes M6, TF1 et Canal+ ont constaté une progression importante de leurs ventes de vidéos à la demande dans les jours suivant la fermeture. En Belgique, c’est moins vrai. Ni Belgacom ni Telenet n’ont constaté de hausses anormales. Seul le câblo Voo affirme – dans les colonnes du journal L’Echo – avoir remarqué une augmentation des ventes de 10 % en janvier, provenant essentiellement d’une clientèle qui n’existait pas il y a un an. Aux Etats-Unis, le leader du marché Netflix n’a rien constaté non plus.

Il semble qu’une bonne partie des adeptes de ce site soient restés fidèles au piratage, mais ont adopté d’autres techniques. Plutôt que de faire appel à des sites de téléchargement direct, ils se sont tournés vers le peer-to-peer (échange de fichiers entre internautes directement sans utilisation d’un serveur central). Alors que le niveau de trafic peer-to-peer était quasi nul début janvier en Europe, il s’est brutalement emballé à partir du 20 janvier. Selon la société Ipoque, la part du trafic internet P2P atteint aujourd’hui des pics de 15 % du total de la bande passante européenne.

Rien n’a donc fondamentalement changé pour ceux qui cherchent à télécharger des films gratuitement. « C’est un peu plus difficile de trouver les liens mais quelques clics supplémentaires suffisent pour trouver presque tout ce qu’on veut », résume un internaute.

JEAN-FRANCOIS MUNSTER (avec afp)
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