La Belgique en deuil, partout l’hommage

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Solennellement, sobrement, ce vendredi 16 mars, le pays rend une forme rare d’hommage aux victimes d’une tragédie, en observant le « deuil national ».

Le gouvernement fédéral a pris l’initiative jeudi. Le deuil – qui dure une vie pour les proches, les amis, les familles – se traduira par une minute de silence, à 11 heures. La Belgique à l’arrêt. Un moment, l’émotion collective se fera plus forte que la vie sociale.

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a envoyé jeudi une circulaire aux autorités – présidents d’assemblée, gouverneurs de province, bourgmestres… – pour les informer à cet égard, et leur demander de mettre en berne les drapeaux partout en Belgique, deux jours durant, vendredi et samedi.

L’Europe s’associe au deuil national.

Elle baissera pavillon, elle aussi, pendant 48 heures. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a expliqué : « Ceci est exceptionnel, par solidarité avec le deuil du pays hôte, car habituellement nous ne mettons en berne que pour le deuil national à l’occasion du décès d’un chef d’Etat membre ».

En fait de « deuil national », en Belgique, il faut remonter au 4 août 2004, désigné comme tel par le gouvernement Verhofstadt à la suite de la catastrophe de Ghislenghien, qui s’était produite le 30 juillet, et qui avait coûté la vie à 24 personnes ; ou encore au 13 août 1956, cerclé de noir à la suite de la catastrophe du Bois du Cazier, à Marcinelle, qui avait fait 262 victimes parmi les mineurs de fond.

Parmi d’autres corporations ou secteurs d’activité (comme la fédération royale des sapeurs-pompiers), les quatre sociétés de transport en commun du pays (SNCB, Stib, Tec et De Lijn) ont fait savoir jeudi qu’elles prendraient part au deuil national : les trains, trams, bus et métros s’immobiliseront à l’arrêt le plus proche à 11 heures, ils éteindront leurs moteurs. Une démarche probablement de nature à entraîner dans son sillage celle des automobilistes. Aussitôt achevée la minute de silence, les églises et cathédrales sonneront le glas, avant que tout change et tout recommence dans nos villes.

Dans le paysage médiatique, les chaînes de télévision et les stations de radio (lire notre article en page 47) suspendent pour certaines leurs messages publicitaires durant 24 heures, et toutes modifient leurs programmes exceptionnellement. Politique : le conseil des ministres du vendredi n’aura pas lieu.

Alors ? On cherche les façons. On cherche les mots. Au parlement jeudi, le président de la Chambre, André Flahaut, a dit ceci : « Quand le gel surprend un arbre au printemps, les bourgeons en sont les victimes et l’arbre tout entier souffre. Ici, la fatalité cruelle et aveugle a frappé les jeunes pousses, les éducateurs, et un pays tout entier en souffre à n’en savoir exprimer pleinement sa douleur et sa peine ». Elio Di Rupo a ponctué, si l’on peut : « Notre chagrin est incommensurable ».

DAVID COPPI

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