Nicolas Sarkozy, devancé par François Hollande, au premier tour

Nicolas Sarkozy a un défi à relever et François Hollande doit maintenant rassembler et s'imposer plus largement © AFP

De notre envoyée permanente à Paris

La gauche a le cœur qui bat. Mais dans un souffle oppressé. Au terme du premier tour de la présidentielle, François Hollande prend une sérieuse option pour l’Elysée. Le candidat socialiste arrive en tête avec 28,5 % des voix selon les chiffres du ministère de l’Intérieur communiqués à minuit et demi. Une première place qui crée le plus souvent une dynamique. Nicolas Sarkozy arrive second, avec 27 %. Du jamais vu pour un président sortant : jusqu’ici, tous ceux qui briguaient un second mandat avaient viré en tête au premier tour. Mais Marine Le Pen a créé la surprise en arrivant non seulement troisième, mais avec 18,2 % des voix. Un nouveau choc, même si la candidate du Front national ne se qualifie pas pour le second tour comme son père l’avait fait en 2002. Elle fait un score supérieur à celui que Jean-Marie Le Pen avait à l’époque engrangé.

Deuxième réserve qui tempère la joie du PS : le score, moins élevé qu’espéré, de Jean-Luc Mélenchon. Le tribun du Front de gauche finit avec 11 % des voix. Il appelle certes explicitement à battre Nicolas Sarkozy dans deux semaines. Mais même si ses électeurs se reporteront en très grand nombre sur François Hollande, le réservoir de voix sera moins garni que prévu. L’écologiste Eva Joly, qui appelle aussi à voter François Hollande, finit à 2,3 %. Les petits candidats trotskistes, Philippe Poutou (1,2 %) et Nathalie Arthaud (0,6 %) n’apporteront qu’un petit renfort. François Bayrou, lui, est loin de son exploit de 2007 : il ne fait plus que 9,1 % contre 18,5 % il y a cinq ans. Il ne sera pas l’arbitre de l’élection, même si ses voix compteront. Un tiers d’entre elles pourraient se reporter sur le candidat socialiste.

Ce lundi, une nouvelle campagne commence. Aucune raison, pour François Hollande, de changer de cap. Son équipe considère que ce premier tour valide le désir de changement. Le deuxième tour aura, comme le premier, des allures de référendum anti-Sarkozy.

Pour Nicolas Sarkozy, les cartes sont rebattues. Son équipe se divisait jusqu’ici entre les partisans d’une ligne très droitière et celle d’un recentrage. La campagne de second tour se jouera, plus encore que la première, à la droite de la droite. C’est dans l’électorat de Marine Le Pen que le président-candidat peut espérer puiser le plus de voix. Mais cet électorat est loin de lui être acquis. Personne, bien sûr, n’est propriétaire de ses voix, mais la candidate de l’extrême droite n’appellera pas à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour. Car elle a, au contraire, tout intérêt à miser sur la défaite de l’actuel président pour espérer « casser » la droite et recomposer ensuite le paysage politique autour d’un nouveau parti « patriote ». « Une nouvelle droite vient de naître » répétait dimanche soir l’un de ses soutiens, l’avocat Gilbert Collard.

JOELLE MESKENS

C’est à suivre dans notre dossier spécial http://swar.be/presidentielle2012

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