Musique L’un des trois Beastie Boys, Adam Yauch est décédé

Adam Yauch, « le mec le plus cool du monde » comme le saluent ses collègues rappeurs de Cypress Hill, laisse derrière lui une femme, Dechen Wengdu, et leur fille, Tenzin Losel. ©AFP/ PHOTO VALERY HACHE.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre sur le Net et les réseaux sociaux : Adam Yauch, alias MCA, l’un des trois Beastie Boys, est décédé ce 4 mai. Le rappeur avait été soigné pour un cancer des glandes salivaires en 2009. Peu de temps auparavant, en juillet, MCA annonçait sa maladie dans un clip posté sur YouTube : « La bonne nouvelle, disait-il, c’est qu’on ne m’a pas détecté de métastases. » Le temps du traitement, le trio décidait alors de postposer l’enregistrement de l’album Hot sauce committee Pt. 2, finalement sorti l’an passé. Mi-avril, ses comparses « Mike D » Diamond et « Ad-Rock » Horowitz assumaient en son absence l’intronisation des Beastie Boys au Rock and Roll Hall of Fame. À 47 ans, Adam a finalement perdu la bataille contre la maladie.

Originaire de Brooklyn, il était un des fondateurs du groupe à qui l’on doit des titres emblématiques comme (You gotta) fight for your right (to party), Sabotage ou Intergalactic.

Au fil des ans, les sales gamins hardcore accompagnés sur scène par un pénis gonflable sont passés maîtres dans l’art de mélanger sérieux et dérision, de triturer les genres musicaux et de manier une plume alerte. En 2004, lors de la sortie de l’album To the 5 boroughs qu’Adam Yauch nous disait être leur plus politiquement orienté, il confiait : « Le monde est devenu tellement fou que ça te pousse à le commenter. »

Concerts pour le Tibet

Adam Yauch s’était tourné vers le bouddhisme après un séjour à Katmandou puis engagé pour la cause tibétaine. On le retrouvait ainsi à l’origine des Tibetan Freedom Concerts organisés entre 1996 et 2003 aux États-Unis et en Europe (Amsterdam) ainsi qu’en Australie, au Japon ou à Taipei, des concerts auxquels ont participé ses Beastie Boys, Björk et les Red Hot Chili Peppers aussi bien que les Smashing Pumpkins ou Rage Against The Machine.

Sa disparition n’a pas ému que ceux qui ont été ados dans les années 85-95, elle a secoué bon nombre d’artistes à en juger par le flot de tweets s’alignant sous le hashtag #RIPMCA. De Justin Timberlake (« A true pioneer of art »), Boy George (« A fellow Buddhist and part of hip hop history ») en passant par Billy Corgan (« A man of dignity and spiritual conviction »), Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers (« He left the world a lot of beauty »), le cycliste Lance Armstrong (« Crushed to hear the news of Adam Yauch’s passing »). Certains évoquent des souvenirs personnels. « En 94, au Lollapalooza (NDLR : un festival américain itinérant), je lui parlais quasi tous les jours, raconte Billy Joe Armstrong, chanteur et guitariste de Green Day. Il m’encourageait, il était plein de sagesse pour le gamin flippé que j’étais. » Quant à Kim Gordon, bassiste de Sonic Youth, elle confiait au New Musical Express : « Il m’a un jour dit combien il avait apprécié le texte de Bull in the Heather. Venant de la part d’un rappeur et auteur doué comme lui, ça m’a vraiment touchée. » Merci MCA !

STIERS,DIDIER
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