La dette écologique de l’humanité continue de se creuser, indique le rapport « Planète vivante » du WWF

Selon le WWF, la Planète a perdu 13 millions d’hectares de forêts entre 2000 et 2010. © WWF.

C’est une dette dont on ne parle que peu, couverte par le brouhaha de l’économie qui se tord. Mais comme toute autre, quelqu’un la paye déjà. Et demain, la facture sera encore plus salée. A moins qu’on ne tente dès maintenant de l’atténuer. Ce qui, objectivement, n’est pas la direction prise… Tous les deux ans, le rapport Planète vivante du WWF mesure ainsi la profondeur de la dette écologique que l’humanité a accumulée au fil des décennies. C’est à la fois une vue sur l’état de santé de la Planète et un diagnostic de notre mode de vie.

Le résultat : en 2008, la biocapacité de la Terre – la surface terrestre nécessaire pour produire les ressources naturelles et absorber le CO2 émis – pouvait être évaluée à douze milliards d’hectares. Soit 1,8 hectare par personne. En 1961, chaque être humain disposait encore de 3,2 hectares. Or, l’empreinte écologique de l’ensemble de l’humanité est de 18,2 milliards d’hectares, soit 2,7 par personne. La surconsommation de ressources est donc manifeste. Et chaque année, alors que nous mangeons le « capital biologique », la dette se creuse. Dit autrement, la planète met un an et demi à se régénérer après tout ce que l’humanité lui a demandé sur une période de douze mois.

La Belgique pèse lourd

Si l’on se penche sur la seule biodiversité, mesurée à partir de l’état de conservation de 9.014 populations de 2.688 mammifères, oiseaux, reptiles amphibiens, poissons, l’index montre un déclin global de 28 % depuis 1970. Cette baisse est particulièrement marquée dans les pays tropicaux.

Derrière la moyenne établie par la Zoological Society of London et le Global Footprint Network se cachent des disparités considérables. « La consommation est en forte hausse dans les pays à hauts revenus de même que dans les pays émergents » (Brésil, Chine, Inde…), note le rapport établi pour le WWF. En revanche, elle stagne ou se rétracte dans les pays les plus pauvres dont l’index a perdu 60 % depuis 1970. Phénomène récent, l’accaparement des terres du Sud par les pays du Nord aggrave la crise écologique.

Au classement des pays les plus « lourds » en termes d’empreinte écologique, le Qatar continue de battre tous les records. Chaque habitant y « consomme » plus de 11 hectares chaque année. le Koweït, le Danemark et les Etats-Unis figurent aussi parmi les plus gourmands.

A l’autre bout du spectre, on trouve Haïti et l’Afghanistan (moins de 1 ha). Mais la Belgique n’est pas en reste, qui s’adjuge la sixième place, avec une empreinte de 7,1 hectares par habitant, bien plus que la moyenne européenne de 4,7 hectares. Lors du dernier rapport, notre pays était pointé à la quatrième place. Un léger mieux. Notre mauvaise performance reste, dit le WWF, principalement due « à notre consommation d’énergie. Il est clair que la Belgique n’est pas la meilleure de la classe en termes de consommation d’énergie et d’efficacité énergétique ». En cause : la consommation d’énergie des bâtiments et maisons et des transports, la consommation énergétique de l’industrie « entre autres la métallurgie et la chimie ».

www.wwf.be

MICHEL DE MUELENAERE
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