Robin Gibb, des Bee Gees, est décédé d’un cancer à l’âge de 62 ans

Les frères Gibb, Maurice, Barry et Robin, au temps de leur gloire avec des Bee Gees formés en Australie avant un retour en Albion. Même si leur succès date du milieu des années 60, on retiendra surtout l’ère disco des seventies. © AP Photo/Lennox Mclendon

Après Donna Summer, c’est Robin Gibb que perd le disco, même s’il serait fort injuste de limiter la carrière des Bee Gees à cette seule fin des années 70 et de l’album Saturday Night Fever écoulé à plus de 30 millions d’exemplaires.

Les Bee Gees, de toute façon, cela fait bientôt dix ans, et la mort début 2003 de Maurice Gibb, le frère jumeau de Robin, qu’ils avaient disparu. Reste encore Barry, le chanteur principal, à la voix de fausset.

L’heure du décès, dans la nuit de dimanche, de Robin Gibb, à l’âge de 62 ans, des suites d’un cancer du côlon et du foie, n’est pas la meilleure pour remettre en question les qualités intrinsèques du genre disco, maudit par ceux qui, à cette époque-là, préféraient se passer en boucle Bob Marley ou les Clash.

Il faut d’abord rappeler qu’entre 1967 et 69, les Bee Gees, Anglais exilés en Australie (la fratrie était issue d’une famille pauvre de musiciens originaires de la banlieue de Manchester) ont vécu une première vague de succès, dont on retiendra surtout le titre « Massachusetts » et d’autres chansons plutôt issues de la mouvance folk. Ils doivent aussi ce succès au travail acharné de leur manager Robert Stigwood, qui fut l’assistant australien de Brian Epstein, le manager des Beatles. C’est Stigwood qui décrochera le contrat de la musique du film Saturday Night Fever.

Mais qu’on le veuille ou non, le style de Robin Gibb et de ses frères sera à jamais associé au disco.

Aujourd’hui, la nostalgie de cette époque scintillante, immortalisée par les déhanchements de John Travolta – icône aujourd’hui aussi tombée de son piédestal – joue beaucoup dans l’appréciation de l’héritage des Bee Gees.

Le succès des Bee Gees – et ce qu’on en retient en 2012 –, est comparable à celui de Claude François ou d’Abba qui bénéficient des mêmes relents de joie positiviste, un peu kitsch, éternellement revécue lors de soirées bien arrosées ou d’anniversaires marqués par un marketing agressif. Tous ont réussi à marquer leur époque avec des mélodies en béton, de véritables tueries qui, fort logiquement, ont ému des millions de gens. Comme l’œuvre d’un Michael Jackson. Cela est bien évidemment très respectable. Mais musicalement, les coups de boutoir binaires et les textes romantiques n’atteindront jamais les niveaux historiques balisés par les maîtres du reggae, du mouvement punk ou de la new wave. Surtout que les Bee Gees n’auront jamais la sensualité d’une Donna Summer qui trouvait grâce aux yeux des fans de musique rock grâce, aussi, aux productions novatrices de Giorgio Moroder.

Robin Gibb était aussi discret que son frère Maurice. Après 2003, sa carrière solo n’a pas touché grand monde. Il a surtout exercé ses talents avec des musiques de film, comme ce Titanic – Requiem, pour une première londonienne à laquelle il devait assister en avril dernier. La maladie aura eu raison de lui. Paix à son âme.

COLJON,THIERRY
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