Le message du sommet européen de mercredi soir aux Grecs « C’est l’austérité ou la porte ! »

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, s’adresse durement aux Grecs, mais c’est, assure-t-on, un risque calculé. © Yves Logghe/ap.

C’est à prendre ou à laisser ! Le mini-sommet européen de mercredi soir, qui s’est achevé jeudi peu après 1 heure du matin, a été principalement consacré à un débat sur les moyens de relancer la croissance. Mais avant de se séparer, les chefs d’Etat ou de gouvernement européens ont évoqué l’urgence grecque, pour approuver un court texte que Herman Van Rompuy a ensuite lu devant la presse : « Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro et respecte ses engagements. (…) Poursuivre les réformes cruciales pour revenir à une dette soutenable, encourager les investissements privés et renforcer les institutions du pays, telles sont les meilleures garanties pour un avenir meilleur au sein de la zone euro. (…) Nous espérons qu’après les élections, le nouveau gouvernement grec fera ce choix ».

La ligne intransigeante était donc maintenue. Même François Hollande, pourtant attendu à ce tournant, notamment par certains Grecs, ne s’en est guère écarté lors de sa conférence de presse finale.

« Nous sommes confiants par rapport aux prochaines élections grecques, du 17 juin, nous expliquait hier un participant au sommet. Le 6 mai, les Grecs ont voté contre le système. Maintenant, ils ont peur. Ils ont pris conscience à du 100 à l’heure. Ils réfléchissent à leur avenir, à leurs véritables intérêts ».

Parallèlement, d’« opportunes » fuites ont appris aux Grecs que leurs partenaires étudiaient les scénarios de leur éventuelle sortie de la zone euro. « Mais rien n’a encore été discuté, ni au niveau technique ni au niveau politique », poursuivait la même source. D’aucuns, dans d’autres cénacles, vont plus loin : selon l’économiste en chef de la banque américaine Citigroup, la probabilité de voir la Grèce quitter en janvier 2013 la zone euro est de 50 à 75 %…

Un « bon » vote grec – qui permettrait à la Nouvelle démocratie et au Pasok socialiste de former un gouvernement – provoquera une « contagion positive », ajoutait hier notre interlocuteur haut placé. Surtout sur l’Espagne, mais aussi sur l’Italie. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, a fait un appel du pied à la Banque centrale européenne (BCE), mercredi soir, pour qu’elle vienne en aide à son pays, toujours soumis, malgré ses efforts, à des taux d’intérêt très élevés. Le sujet espagnol a néanmoins été très vite évacué : « Le problème espagnol est surmontable, et il doit être traité au bon niveau, celui de l’Eurogroupe. »

Reste le risque d’un « accident bancaire » grec, d’un bank run, avant le scrutin du 17 juin : et si les Grecs se précipitaient dans leurs banques déjà sur le flanc pour retirer leurs économies ? Pareil vent de panique pourrait-il faire dérailler tout le scénario de la « contagion positive » ? Le pire n’est pas exclu, nous assurait-on hier à bonne source, bien que des réponses existent à un bank-run grec. Lesquelles ? Avec la BCE à la manœuvre ? Nous n’en saurons pas plus…

Les prochains jours diront si les marchés, les petits épargnants grecs puis les électeurs grecs auront été convaincus.

LABAKI,MAROUN
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