Un tremblement de terre dans le nord-est de l’Italie tue 17 personnes

On se rend compte, un peu tard, qu’il ne fallait pas classer l’Emilie Romagne dans les régions « à moyen risque »… © ap.

De notre correspondante à Rome

Mardi à 9 h du matin, neuf jours à peine après le tremblement de terre qui, dans la nuit du 19 au 20 mai, avait fait sept morts et fortement endommagé le patrimoine artistique de l’Emilie-Romagne, une nouvelle secousse légèrement moins forte (5,8 au lieu de 6 sur l’échelle de Richter) a provoqué, cependant, encore plus de dégâts. Selon un bilan provisoire, ce nouveau séisme aurait fait au moins 17 morts et environ 200 blessés tandis que quelque 8.000 sans-abri s’ajoutent aux 7.000 du 20 mai, déjà dans des campements ou des hôtels.

Pour de nombreux immeubles, églises et autres monuments, déjà endommagés ou du moins fragilisés la semaine dernière, cette nouvelle secousse a été fatale. Comme elle l’a été aussi pour tant de petites usines et entrepôts qui se sont écroulés en tuant des ouvriers, comme ce fut déjà le cas au cours du premier tremblement de terre. En tout, huit ouvriers seraient morts, déplorent les syndicats italiens. Ce qui prouve que ces usines, souvent neuves, qui pullulent dans cette région de PME, n’ont pas été construites selon les règles antisismiques. On se rend compte, un peu tard, qu’il ne fallait pas classer l’Emilie-Romagne, comme on l’a fait, dans les régions « à moyen risque sismique ». « Une classification à revoir complètement », a souligné le ministre de l’Environnement Corrado Clini. D’autres écroulements ont eu lieu dans des localités qui n’avaient pas été touchées, comme Concordia, Cavezzo ou Mirandole, très gravement endommagée et endeuillée (trois morts).

En réalité, cette deuxième secousse qui a touché un territoire bien plus ample que celle du 20 mai, avec un déplacement vers l’ouest de l’épicentre du séisme (à Medolla, à moins de 30 km de Modène), toujours à une profondeur entre 5 et 10 km, a eu lieu après que la terre eut tremblé des centaines de fois au cours des derniers jours. Septante fois, rien que dans la journée de mardi. On appelle cela des répliques. Il est évident que, dans les jours à venir, il y en aura encore beaucoup. « Mais avec des magnitudes de plus en plus basses », affirment les sismologues qui semblent eux-mêmes un peu étonnés de la violence des secousses de mardi matin.

Ce séisme a eu lieu alors que la journée de travail avait commencé pour la plupart des Italiens. C’est ainsi qu’ils ont pu le suivre, en direct, à la télévision, la radio, ou sur les sites. Avec une nouvelle forte secousse vers 13 h, au moment des informations. Pendant toute la matinée, des appels ont été lancés pour que, les lignes étant saturées, les gens évitent d’utiliser leurs portables et éliminent les mots de passe de leur système wi-fi afin de faciliter la communication entre la population et les sauveteurs. Cette fois-ci, ce n’est plus simplement l’Emilie-Romagne mais une partie importante du pays, tout le nord, de la Vénétie à la Lombardie, qui est touchée puisque les secousses ont été ressenties fortement à Bologne comme à Milan ou Venise où une sculpture s’est écroulée à proximité de la gare. Même Bolzano, à proximité de la frontière autrichienne, a été secouée, tout comme le Val d’Aoste, près de la frontière française. De nombreuses lignes ferroviaires, entre Bologne et le nord-est du pays ont été interrompues et le TGV a fonctionné au ralenti, par mesure de prudence.

Les opérations de recherche des disparus sous les décombres et l’accueil des sinistrés se poursuivaient dans la soirée de mardi tandis que la ministre de l’Intérieur, Anna Maria Cancellieri, survolait le territoire touché par ce nouveau séisme. Le chef du gouvernement, Mario Monti, a promis que « l’État fera tout ce qu’il est nécessaire de faire, dans les plus brefs délais, pour garantir le retour à la vie normale de cette région importante pour l’Italie ».

Ferrare, détruite à 40 %, en 1570

L’Italie est tout entière à risque sismique. La région touchée par les tremblements de terre de ces derniers jours est, elle, classée, depuis 2003, parmi les zones à risque peu ou moyennement élevé. Pourtant, Ferrare a connu divers tremblements de terre. Des documents remontant au 12ème siècle l’attestent. Mais il s’agissait de séismes relativement légers : lésions sur les murs de divers édifices, cheminées écroulées, etc.

Le séisme du 17 novembre 1570, lui, est resté dans les annales comme un désastre pour la ville et la Villa d’Este. Les secousses, particulièrement fortes et fréquentes, la première année, n’ont cessé qu’en 1574. En tout, il y en aurait eu 2.000. La ville avait été détruite à 40 % et la reconstruction avait coûté plus de 300.000 écus.

LUKSIC,VANJA
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