Royaume-Uni : grande foule pour le jubilé d’Elizabeth II

Malgré la pluie, le premier jour du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II est un succès populaire © AFP / MATT DUNHAM

Londres

De notre correspondant

Malgré un crachin tenace puis une forte pluie, des millions de Londoniens sont sortis de chez eux dimanche pour célébrer la première journée du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

Piccadilly s’est transformée en un gigantesque espace de fête. Autour de la longue table installée au milieu de la chaussée pour accueillir cinq cents personnes, des stands vendent des sandwichs, des salades et des grillades, tandis que des rires d’enfants proviennent d’un vrai carrousel et de ses chevaux de bois. « Nous sommes dix, âgés de 7 à 75 ans, venus participer à la plus grande fête de rue du pays pour remercier la reine de ses soixante merveilleuses années de règne », se réjouit Nicole Aiken, encerclée par un nuage à l’odeur de porc grillé. Sa famille et ses amis ont réservé par Internet leurs sièges depuis plusieurs semaines afin de ne pas manquer ce moment qu’elle considère « incontournable ». Les assiettes ont été vidées, seul un fond subsiste dans la dernière bouteille de Champagne. « Nous partons voir passer les bateaux de la procession royale sur le pont de Waterloo, même s’il semble pleuvoir à nouveau après une heure d’interruption. Et puis, sans la pluie, ça n’aurait pas vraiment été une fête de rue anglaise ! »

A quelques centaines de mètres de là, les bords de la Tamise grouillent de monde. Alors que la barge contenant la famille royale ne doit pas passer avant une heure et demi, il n’est déjà plus possible de s’approcher à moins de dix mètres de la berge. Londoniens, Anglais venus de l’autre bout du pays et étrangers ne veulent pas manquer le défilé de mille embarcations nautiques, à rames, à voile et à moteur. « C’est un épisode unique car la dernière fois qu’un événement de cette ampleur a eu lieu en Angleterre, c’était au temps de la reine Victoria, en 1897 », se réjouit Maria Morientes, venue de Madrid. Elle n’a pas lésiné sur sa tenue : elle tient à la main l’Union Jack, le drapeau britannique, porte un petit chapeau, un pantalon et un parapluie avec le même motif. Cette déconcertante tenue ne lui permet néanmoins pas de voir le fleuve et elle doit observer le départ des embarcations sur l’un des multiples écrans géants répartis le long du parcours.

Sur l’autre rive, du côté du pont de Londres, un groupe de jeunes Anglais entame l’hymne national, le God Save The Queen. Ils se sont dressés face à une centaine de partisans de Republic, une association pro-républicaine dont les pancartes « Démocratie, pas monarchie » ne laissent pas le moindre doute sur sa motivation. « Je ne veux pas de la prétendue démocratie dans laquelle nous visons, où la cheffe de l’Etat n’est pas élue et où la famille royale n’est pas égale à nous devant la loi », explique Ruth Campbell, une de ses membres, des tracts à la main. « D’ailleurs, la plupart de mes amis suivent aujourd’hui la reine comme tout le monde sur un écran géant. Mais au fond d’eux, ils ne sont pas monarchistes, le sujet ne les intéresse pas, ils y perçoivent juste là l’occasion de passer un bon dimanche… »

Non loin d’elle, Peter Tatcher, célèbre militant de la cause républicaine, rappelle d’ailleurs à ses concitoyens « qu’ils se rendront vraiment compte, lorsque la reine mourra et que Charles montera sur le trône, de l’avantage d’un président au rôle cérémonial sur un roi : le premier pourrait être changé, pas le second… » Les Anglais alentours n’avaient pourtant pas vraiment la tête à ces réflexions. Et les applaudissements ont résonné très fort lorsque le navire de la reine est apparu.

DE BOURBON,TRISTAN
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