Réforme de l’Etat, premiers votes en commission du Sénat sur la scission de BHV

50 ans que certains l’attendaient, mais le premier vote sur la scission de BHV électoral se passe dans une certaine indifférence. © Belga

Vous en avez assez des « moments historiques » ? Pourtant, après des décennies de querelles communautaires sur le sujet, le petit monde politique belge en a vécu un, mardi matin : le premier des quatre votes indispensables à la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour les élections à la Chambre et au parlement européen, a eu lieu en commission des Affaires institutionnelles du Sénat. Par 12 voix (majorité plus les verts) et contre 5 (Belang, N-VA), la commission a approuvé cette scission.

Reste à la séance plénière du Sénat, à la commission sœur de la Chambre, et à l’assemblée de la Chambre de faire de même, pour que la loi soit pleinement votée. Et que cet important volet de la sixième réforme de l’Etat devienne réalité.

Historique : dans quelques semaines, BHV ne devrait plus donner de cauchemars aux politiques, du moins ne plus provoquer d’épiques polémiques ou de chutes de gouvernement. Et pourtant. C’est comme si BHV n’intéressait déjà (presque) plus personne. Il est vrai que, depuis l’accord de principe entre huit partis en septembre 2011, la scission de BHV est considérée comme acquise par l’opinion, qui a été abreuvée de BHV jusqu’à plus soif. Se profiler sur le sujet n’est donc plus guère rentable… La preuve par Twitter, nouveau pouls du monde politique et de ceux qui s’y intéressent. Le compte Vlaanderen est l’un des premiers à annoncer, à 11 h 33, le vote de scission, relayant le site internet de la VRT. Brûlant de quelques minutes la politesse à Wouter Beke, président du CD&V, qui commente sobrement à 11 h 42 : « BHV scindé en commission du Sénat. Prochaine étape : approbation en plénière Sénat et Chambre, et après, c’est fini », avec les hashtags #eindelijk #50ans. Vingt-cinq minutes plus tard, Elio Di Rupo enchaîne : « Vote en commission : pas de géant franchi pour la scission de BHV ! »… avec le hashtag #changement. Entre les deux, quelques médias et anonymes relaient l’info. Mais très peu de politiques, et aucun de premier plan. La députée socialiste, Julie Fernandez, a d’autres… chats à fouetter : « Chaton sauvé ! Et nous voilà avec trois chats !!! »

En fait, sur Twitter, mardi, les politiques parlaient plus intégration ou Sharia4Belgium que BHV. Comme Didier Reynders, qui préférait ce sujet d’actualité à celui qui a fait l’actualité pendant près de 50 ans. Des citoyens, militants ou journalistes par contre, surtout flamands, ont laissé courir leur imagination. Sur le mode ironique : « BHV, c’est quoi encore ? » ; « Dommage, de quoi devons-nous parler maintenant ?!? ;-) » ; « On commence à scinder BHV et ma vie ne change pas… On nous aurait menti ? » ; « 5 minutes de courage politique plus tard… » ; « Un grand pas pour le Parlement, un petit pas pour l’humanité » ; « Sentez-vous aussi ce qui est dans l’air ? Que B-H-V est scindé en commission du Sénat, je veux dire ». Ou sur un ton plus politique ou offensif : « La commission du Sénat a scindé BHV. Comprenez : on a vendu un morceau de Flandre à Bruxelles » ; « Tout de même étonnant que les plus grands partisans de la scission de BHV votent contre ». Au Sénat, la N-VA a tenté d’expliquer ce paradoxe : « Il est impossible pour nous de nous réjouir de cette scission. Le prix politique payé est bien trop lourd »…

Après BHV, la commission a entamé l’examen d’un autre contentieux résolu par l’accord institutionnel : la nomination des bourgmestres des six communes à facilités de la périphérie. En soirée, le Sénat approuvait les nouvelles règles de nomination de ces bourgmestres, confortant le rôle du Conseil d’Etat dans le règlement des litiges en périphérie.

DUBUISSON,MARTINE
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