L’Espagnol n’a concédé qu’un set à Roland Garros. Rafael Nadal, la terre lui appartient vraiment

Les sept glorieuses de Rafael Nadal, vainqueur à Roland Garros de 2005 à 2008, défait en huitièmes par Soderling en 2009 et invaincu ensuite. © afp.

de notre envoyée spéciale à Paris

Qui pourra arrêter Rafael Nadal ? Telle était la question de départ. La réponse est tombée lundi peu avant 14 heures, au terme d’une finale saucissonnée par la pluie et devant des gradins finalement bien garnis pour un lundi. La réponse est tombée : aucun joueur ne peut arrêter un « Rafa » en bonne santé à Roland Garros. Pas même Novak Djokovic. Le ciel a eu beau s’en mêler, jouer les trouble-fête espagnols, sauçant dimanche le court et les balles pour limiter la puissance de lift du numéro 2 mondial, rien n’y personne n’est parvenu à entraver la marche royale du prodige de Manacor. La terre appartient à Rafael Nadal, entré dans l’histoire avec un 7e sacre record sur l’ocre parisien. Battu, le grand Bjorn Borg ne peut que lui tirer sa révérence.

« Rafa », maître sur terre. Il l’a prouvé lundi en parvenant à conclure en quatre manches cette finale interrompue la veille au bout de 3 heures de jeu, à deux sets à un pour lui mais un break d’avance pour « Djoko » dans le 4e. L’Espagnol avait quitté le court dimanche soir furieux que les organisateurs aient mis autant de temps à décider de suspendre la partie alors que le terrain était devenu glissant et les balles juteuses comme des oranges. Toni, son oncle et coach, d’habitude si poli, avait été surpris en flagrant délit de jurons par les caméras de France Télévisions alors qu’il se dirigeait vers les vestiaires. Le clan Nadal était remonté. Il a eu la nuit pour digérer. Se calmer. Se recentrer.

« J’étais très nerveux toute la nuit, j’étais anxieux à l’idée de revenir disputer un bout de finale, confiera Rafael. Mais je suis très content de la manière dont j’ai joué aujourd’hui. J’étais plus agressif. J’étais bien mieux qu’hier avant l’interruption. »

« Rafa » est revenu lundi après-midi décidé à ne pas se laisser embarquer dans un cinquième set qu’il savait fatal. Comme la veille, plus la partie durerait plus les chances de Djokovic augmenteraient. Mettre immédiatement la machine en route, ne pas laisser la confiance du Serbe s’installer, ne pas se laisser déborder, rester près de sa ligne de fond et attaquer. Telle était sa feuille de route. Et il s’est tenu à la virgule près. Il a fait le break d’entrée de jeu pour revenir à 2-2 et remporté son service derrière pour faire course en tête. A 6-5, balle de match contre lui, le Serbe a rendu les armes par une double faute. Après 49 minutes de jeu. Au septième ciel, l’Espagnol s’est laissé tomber sur cette terre qu’il a faite sienne. Ses larmes ont coulé. Puis il s’est relevé pour foncer dans les bras de son oncle, de sa famille et du basketteur Pau Gasol.

« Rafa » tout à son bonheur. « Djoko » à ses regrets. Car si Borg est dépassé, Rod Laver, lui, devra encore patienter avant de se voir détrôner. Comme Sampras, comme Federer, comme Nadal, le no 1 mondial a échoué dans sa tentative de Grand Chelem, à cheval sur deux saisons. Et comme le Bâlois l’avait souligné : « Pas sûr que l’occasion se représente. Pour ça, il faut gagner de nouveau trois Grand Chelem d’affilée et c’est compliqué. » Surtout dans un contexte de plus en plus compétitif. Surtout avec un Nadal qui après s’être incliné à Wimbledon, New York et Melbourne face à Djokovic, a retrouvé la recette et le goût de la victoire. Cette saison d’ocre semble avoir effacé les stigmates de 7 finales perdues en 2011.

Nadal, meilleur joueur de tous les temps sur terre battue. Le terme le fait rougir : « Je ne sais pas si je suis le meilleur. Disons que je suis probablement l’un de ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats sur cette surface. Cette victoire est grandiose. Vous me parlez du record de Björn Borg. C’est un honneur de le dépasser. Gagner sept fois ici, c’est important car personne n’en a gagné plus. Mais ce qui compte le plus à mes yeux, c’est juste de gagner Roland Garros. Avec le temps qui passe, j’apprécie encore plus ces moments. Dans ma tête je joue ce match depuis vendredi… »

Cette septième couronne aux Internationaux de France vient s’ajouter, cette saison, à un huitième titre à Monte-Carlo, un septième à Barcelone et un sixième à Rome. Depuis 2005, cet ogre de l’ocre a remporté 227 des 236 matchs disputés sur cette surface. Et n’en a perdu qu’un seul dans sa vie à Paris, en 2009 devant Soderling. Non, personne ne pouvait arrêter « Rafa ».

MUSY,ISABELLE
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