En 1965 les voitures traversaient le parc du Cinquantenaire

Les archives photographiques du Soir recèlent quelques pépites. Nous avons envie de vous faire partager ce patrimoine. Chaque vendredi nous publions un de ces témoignages de notre passé.
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La décision de fermer jusqu’en septembre les tunnels Loi et Cinquantenaire  fait débat sur la manière dont le maître d’ouvrage, Beliris-Infrabel, gère le dossier. Le Soir du dimanche 22 avril 1956, rendait écho d’un autre « débat public très animé » à une époque on pouvait encore se poser cette question : « Faut-il creuser des tunnels dans la ceinture de Bruxelles ? »
 
 « Un débat public a été organisé vendredi soir, dans la salle de l’Union coloniale. Ce sont les problèmes causés par la ceinture de Bruxelles qui faisaient l’objet des propos. M. Hondermarcq, directeur général des routes et du Fonds autonome des routes au ministère des Travaux publics, rappela combien Bruxelles était inadaptée aux exigences de la circulation.
-    A la petite ceinture, on est actuellement arrivé à saturation, observe le conférencier. On prévoit une augmentation constante de la circulation qui doublera peut-être en dix ans. A la fin on arriverait au blocage de toute circulation au centre de la ville.
Pour M. Hondermarcq il faut « revenir aux transports en commun » en abandonnant les transports individuels. En même temps, il conviendra d’améliorer le réseau des artères. La petite ceinture devra être aménagée si l’on ne veut pas la voir « congestionnée d’ici 2 ou 3 ans », avec tous les dommages qui en résulteraient pour le commerce local. Le directeur général rappelle les projets de l’administration et, notamment les passages souterrains à différents carrefours des boulevards. Ces aménagement permettront d’absorber un trafic double de celui que l’on connaît aujourd’hui.
Toute autre solution apparaîtrait rapidement insuffisante, affirme M. Hondermarcq. Quant aux critiques, M. Hondermarcq fait remarquer que « la circulation est devenue une technique et que la technique est l’affaire des techniciens ». L’esthétique des boulevards ne souffrira pas et l’on aura soin d’y replanter autant d’arbres que possible. Toutes les précautions seront prises pour éviter de « paralyser » les quartiers où s’ouvriront les travaux et de nuire aux commerçants. Ceux-ci n’auront au contraire qu’à se louer de voir faciliter l’accès de leurs magasins.
M. Gaston Brunfaut, architecte et urbaniste prend ensuite la parole. L’opinion publique veut faire entendre sa voix, trop souvent méconnue, dit-il. Elle est indignée. La Grand-Place est transformée en parking. Quand il qualifie de grotesque le futur hôtel des Monnaies et qu’il se gausse des « tours de guet » des nouvelles gares, les applaudissements éclatent.Les valeurs sentimentales sont sacrifiées à l’esprit utilitaire, dit M. Brunfaut, et cela provoque l’indignation de l’opinion publique.
Les boulevards représentent une grande réussite urbaine lorsqu’ils donnent à la ville son aspect de capitale. Ces boulevards sont menacés . Et pourquoi ? « Pour un bien piètre résultat  ». Au lieu de « tunnels superposés aux abaissements catastrophiques », on aurait pu prévoir un dédoublement de la circulation en deux voies à sens unique.Les applaudissements interrompent à tout moment M. Brunfaut notamment lorsqu’il parle des « arbres saccagés pour mettre les trams en site propre » et des « mutilations » de l’esthétique.
M. Brunfaut accuse les plans d’aménagement des boulevards d’être « faux, incomplets et insuffisants » et de mépriser le piéton.
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