La bataille des partis va commencer

France. Après la large victoire du PS, qui obtient à lui seul la majorité absolue

Joie des membres du Mouvement des jeunes socialistes, ce dimanche sur le coup d 20 heures à l’annonce des résultats de leur parti. © Fred Dufour/AFP.

PARIS

La victoire était attendue. Seule son ampleur a de quoi remplir d’aise le PS. A lui seul, il dispose, -à une voix près !- de la majorité absolue, avec 290 élus sur 577. Ses alliés offriront un appoint confortable : 20 élus pour les Verts et 13 pour le Front de gauche. Tous les ministres engagés dans la course sont élus. L’UMP résiste tant bien que mal avec 212 sièges.

François Hollande dispose des coudées franches pour appliquer ses soixante engagements. Mais si la victoire est large, elle n’en est pas moins ternie pour la gauche. Par la défaite cinglante de Ségolène Royal à La Rochelle, d’abord. L’ex-candidate à la présidentielle de 2007 avait obtenu le soutien de tout l’appareil. Elle était promise à la présidence de l’Assemblée. Mais la gifle qu’elle a reçue du dissident Olivier Falorni glace l’ambiance. Royal promet de faire payer les «traîtres». Non seulement elle estime que son adversaire a été élu par les voix de la droite, mais elle considère que l’appui que lui a offert la première dame de France Valérie Trierweiler dans un tweet ravageur «n’a rien arrangé». Martine Aubry, la patronne du parti, a tenté l’apaisement : «Royal continuera de jouer un rôle». Mais celle-ci n’exclut pas de briguer la présidence du parti à l’automne. La «guerre des roses» va-t-elle se rouvrir après le terrible de congrès de Reims en 2008 ?

Autre ombre au tableau : le FN, qui n’avait plus eu d’élus depuis quinze ans avec Jean-Marie Le Chevalier, obtient deux sièges, avec Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse et Gilbert Collard dans le Gard. Et encore Marine Le Pen, qui n’échoue que d’un cheveu à Hénin-Beaumont face au PS Philippe Kemel, demande-t-elle de recompter les voix… Elle appelle tous les Français à la rejoindre pour la «reconquête». Ses appels risquent de faire tanguer l’UMP. Alain Juppé admet déjà un problème de « valeurs ». Il briguera à n’en pas douter le leadership du parti au congrès de la rentrée, le disputant à l’actuel secrétaire général Jean-François Copé et à son challenger déjà quasiment déclaré, François Fillon.

La recomposition du paysage politique français est en marche. Une recomposition qui se fera plus que jamais autour de deux seuls partis-pivots : l’UMP et le PS. Après la débâcle de François Bayrou en son Béarn, le Modem, avec 2 élus seulement, n’aura plus le pouvoir de faire entendre une autre voix.

Royal balayée L’ex-candidate à la présidentielle de 2007 a été battue par Olivier Falorni, que la première dame de France Valérie Trierweiler avait soutenu dans un tweet dont on a pas fini de parler. Royal doit dire adieu au perchoir de l’Assemblée.

Bayrou K-O Le président du Modem s’incline dans son fief des Pyrénées. Lui qui rêvait d’un destin présidentiel entame une traversée du désert. Sans tribune, il aura du mal à exister et ne pourra pas peser dans la recomposition du centre.

Marine Le Pen perdante La présidente du FN rate son pari. Elle échoue dans son fief de Hénin-Beaumont. C’est le socialiste Philippe Kemel qui l’emporte. Le tribun du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon avait été éliminé dès le premier tour.

Marion Maréchal gagnante  Sa tante Marine Le Pen a échoué mais à 22 ans, Marion Maréchal entrera, elle, à l’Assemblée. Après sa victoire dans le Vaucluse, elle sera, comme son grand-père Jean-Marie en 1956, la benjamine de l’hémicycle.

Collard reconverti  L’avocat quittera les prétoires pour siéger sous les couleurs «bleu Marine » à l’Assemblée. Il l’emporte sur le fil dans le Gard dans une triangulaire face à une candidate PS et un candidat UMP.

MESKENS, JOELLE

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