Patrimoine. L’Unesco a classé les quatre sites candidats parmi les trésors de l’humanité
Au bout du suspense. Vendredi : rien. Samedi : rien, mais l’annonce que le bassin minier du département voisin du Nord était inscrit sur la liste tant désirée. Dimanche, enfin, la nouvelle attendue en Wallonie : les quatre sites miniers candidats au patrimoine universel étaient enfin retenus par le comité de l’Unesco réuni à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Cette reconnaissance internationale est l’aboutissement d’un long processus qui, en 2010, avait buté sur les très sévères exigences de l’Unesco. Les nouveaux candidats wallons devaient corriger la copie pour espérer rejoindre au panthéon du patrimoine universel, la cathédrale de Tournai, les beffrois, les ascenseurs du canal du Centre et les minières néolithiques de Spiennes.
La Wallonie prit résolument les choses en main, assumant la coordination de la candidature et, plus globalement, de la préservation des sites classés, présents et à venir. Les zones tampons autour des anciennes mines furent ainsi renforcées, comme l’exigeait l’Unesco.
Au bout du compte, l’Unesco a retenu les critères « Témoin d’un échange d’influences » – allusion à l’origine multiple des mineurs – et « Exemple éminent d’une période significative de l’histoire humaine », en l’occurrence la Révolution industrielle en Wallonie.
Les quatre sites retenus ont chacun leurs particularités architecturales ou techniques. Mais ils ont en commun d’avoir été sauvegardés et de bénéficier d’une seconde vie qui en fait autre chose que de simples vestiges sans âme.
Le Bois du Cazier. Le carreau de mine carolo garde bien sûr le souvenir des 262 victimes du coup de grisou de 1956. Mais il reste surtout un site très bien conservé.
Le Grand-Hornu. Son architecture reconnaissable, ses 450 petites maisons ouvrières, ses expositions, son musée d’art contemporain en font à la fois un quartier où il fait bon vivre et un lieu culturel de haut niveau.
Bois-du-Luc (en bas à gauche). Comme le Grand-Hornu, il s’agit d’abord d’un lieu de vie. Mais l’écomusée qui déploie ses activités dans l’ancien charbonnage permet de mieux comprendre l’aventure minière, belle et terrible à la fois.
Blegny-Mine. Une expérience inoubliable : une visite d’une « vraie » mine, comme si le temps s’était arrêté, il y a quarante ans.
« Les sites, par la qualité, la diversité, la singularité et la richesse de leurs composantes, répondent aux niveaux d’intégrité et d’authenticité requis par le Comité du patrimoine mondial », a souligné le ministre du Patrimoine Carlo Di Antonio (CDH) qui voit dans ce classement « une extraordinaire opportunité pour le développement patrimonial et touristique en Wallonie ».
L’honneur partagé avec le bassin minier du Nord devrait également renforcer les collaborations franco-belges autour de ce passé industriel.
