Roger Federer, un bonheur si simple

WIMBLEDON. Le Suisse s’impose pour la 7e fois sur le gazon londonien et rejoint Pete Sampras

Roger Federer a de quoi s’effondrer : vainqueur de son 7e Wimbledon – son 17e tournoi du Grand Chelem –, il redevient ce lundi no 1 pour la 286e fois, égalant le record de son idole, Pete Sampras. © Reuters.

 

WIMBLEDON

Il y a de ces rendez-vous avec l’histoire qu’il ne faut pas manquer. Roger Federer – Andy Murray, 126e finale du simple messieurs des internationaux de Grande-Bretagne de tennis, fait partie de ces événements. Il fallait un vainqueur. Il est tombé après 3 h 24, une interruption de 40 minutes à cause de la pluie et un toit fermé pour la bonne cause. 4-6, 7-5, 6-3, 6-4 pour le Suisse qui n’a pas manqué l’occasion de tutoyer, un peu plus, les dieux du sport.

Un choc de titans. Avec le poids des enjeux sportifs et économiques et toute la charge émotionnelle des traditions liée à l’endroit. Pour Murray, comme si les 76 ans d’attente créés par la victoire du dernier Britannique, ici même, avec Fred Perry ne suffisaient pas, le sérieux Sunday Times titrait, à sa « une » : « Un match à 100 millions de £ ». Pas moins de 126 millions, excusez du peu…

Tout le pays avait les yeux braqués sur le plus célèbre carré de gazon anglais. Vingt millions de téléspectateurs sur la BBC 1 (record battu après les 17,3 millions pour la finale Borg-McEnroe de 1980), 14.979 privilégiés autour du Central dont certains avaient déboursé 18.000 euros pour un seul ticket ou 30.000 pour la paire, une loge royale avec Kate et Pippa, deux rangées devant le couple le plus glamour du pays, David et Victoria Beckham, 4.000 personnes sur le court nº 2 où l’écran géant avait été allumé et la fameuse « Murray-Hill », cette montagne humaine estimée à 5.000 personnes, qui était là, stoïque, sous la pluie, dès 10 h 30 du matin soit trois heures et demie avant le coup d’envoi pour une partie de pique-nique à la campagne, arrosée de champagne et de Pimm’s, l’alcool du lieu.

« Le potentiel économique de Murray est énorme dans notre pays où les stars individuelles ne sont pas nombreuses, estime Nigel Currie, directeur marketing. Adidas, Jaguar, Coca, Visa, Sony lui assurent une vingtaine de millions de £ par an. Chacune de ses apparitions au Queen’s, le tournoi de préparation à Wimbledon, lui garantit 250.000 £ jusqu’en… 2016 ! »

Mais le scénario du match rêvé par 65 millions de Britanniques a tourné au drame national. Un début plus que prometteur où Murray prend le service de Federer au bon moment (4-4) pour empocher la première manche.

Puis… la leçon du maître. Non seulement des lieux mais de la légende du tennis. Le tournant ? Le 6e jeu du troisième set qui aura duré, à lui seul, près de vingt minutes. Dix égalités, un Murray qui s’allonge deux fois le nez dans le gazon et un Federer qui fait la différence à sa sixième balle de break. Murray craque. Son pourcentage de points au premier service tombait à 57 % alors que Federer culminait à 88 %. Grimaçant, s’en prenant à la terre entière et à l’herbe en particulier, boitant par moments, l’Ecossais vivra sa mise à mort dès le cinquième jeu de la 4e manche où l’Helvète passe, définitivement, devant. Murray, en larmes, craquera sous l’émotion. Federer, qui serre son trophée comme le plus précieux des trésors, n’arrête pas d’envoyer des regards amoureux vers Mirka, sa femme, Charlene Riva et Myla Rose, ses jumelles qui vont fêter leurs 3 ans. Il y a des bonheurs si simples qui valent tout l’argent du monde…

LES RECORDS DE « FED »

1 C’est son nouveau classement mondial ce matin. Il avait perdu ce statut le 7 juin 2010. C’est la troisième fois qu’il retrouve ce rang.

7 Son nombre de victoires à Wimbledon, il rejoint ainsi les Américains Pete Sampras (1993-95 et 97-2000) et William Renshaw au… 19e siècle.

17 Le nombre de Grands Chelems à sa ceinture (7 Wimbledon, 5 US Open, 4 Open d’Australie et 1 Roland Garros). Sampras est à 14, Nadal et Borg à 11.

24 Le nombre de finales en Grand Chelem (17 v. – 7 d.), s’éloignant un peu plus d’Ivan Lendl (19), Pete Sampras (18) et Rod Laver (17).

237 Le nombre de semaines consécutives comme nº 1. Connors en est à 160, Lendl à 157. Nadal a signé une série de 56 semaines.

244 Le nombre de matchs gagnés en Grand Chelem (pour 36 défaites). Il est devant Connors (233 v -–49 d), Agassi (224 -–53) et Lendl (222 -–49).

286 En redevenant nº 1, il rejoint, ce matin, Pete Sampras et ses 286 semaines au sommet. Lendl est à 270 et Connors à 268. Nadal, 7e classé, est à 102 semaines, une de plus qu’Agassi.

CHRISTIAN,RASPILLER
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