Serena Williams : « Je ne me suis jamais sentie aussi bien »

Serena Williams a conquis à Londres son 14e trophée majeur. © AP.

Cela s’appelle un miracle ou une résurrection. Deux ans après son dernier triomphe, ici même en Grand Chelem, Serena Williams a décroché son 5e « Rosewater Dish », le célèbre plateau doré, et du coup son 14e Grand Chelem. Cinq comme Venus, soit 10 succès pour la dynastie Williams en 13 éditions au XXIe siècle. 6-1, 5-7, 6-2 contre Agnieszka Radwanska, sa puissance de feu a encore fait toute la différence (17 aces, 58 coups gagnants à 13).

Pour Serena, une incroyable victoire sur le destin, pour une vie hors du commun.

Flash-back. 2 juillet 2010, Serena triomphe à Wimbledon. Cinq jours plus tard, lors d’un dîner entre amis, en marchant sur des débris de verre, elle se lacère les pieds. Bilan : 12 points de suture au pied droit et 6 au pied gauche. Le lendemain, devant 35.000 personnes, au stade Roi Baudouin, en remplaçant au pied levé Henin, elle affronte en exhibition Clijsters. Le chant du cygne, 3 opérations et une embolie pulmonaire le 28 février 2011 : « J’étais sur mon lit de mort. Celle de ma vie de sportive… »

Elle reprendra timidement à Eastbourne le 14 juin 2011, après 347 jours sans jouer. Mais le sort s’acharne. La maladie incurable de Venus, qui souffre du syndrome de Sjödren, une maladie auto-immunitaire qui provoque fatigue, gonflements et douleurs, n’arrange pas son moral. En septembre, elle perd la finale de l’US Open, déclare forfait, en janvier en Australie et se fait sortir, pour la première fois, dès le premier tour d’un Grand Chelem à Paris, par Razzano, 111e mondiale.

« Je n’ai rien oublié de tous ces moments. J’avais un tube dans l’estomac, je priais pour qu’on me donne une chance de vivre. C’est grâce à ma famille, mes amis et ma foi que je m’en suis sortie. Je n’oublierai jamais que ma sœur Isha, a passé des nuits à mes côtés à dormir dans un fauteuil. Je suis allée plus bas que bas. C’est beaucoup d’émotions. Je suis devenue tellement sensible que je pleure devant “Desperate Housewives”… »

Avec un 14e « majeur », la voilà à hauteur de Sampras mais encore loin de Graf (22), Navratilova et Evert (18) : « Pourquoi pas ? Je ne me suis jamais sentie aussi bien. C’est le début de quelque chose de grand. Une nouvelle naissance. Je n’ai jamais que 30 ans (Ndlr : plus ancienne joueuse à s’imposer à Wimbledon depuis Navratilova, 34 ans en 1990). J’ai encore envie de gagner l’US Open, l’Australie, Roland Garros. »

Après avoir escaladé la tribune royale, elle a étreint toute sa famille, terminant par Patrick, Mouratoglou, le coach français, qui l’a aidé entre Paris et Londres : « Ce qui m’impressionne, c’est cette capacité de rebondir et de forcer son destin. Elle a toujours une solution, elle ne renonce jamais. C’est un vrai exemple. »

Six heures après, alors que l’horloge indiquait 22 h 48, Serena gagnait le double avec Venus : « On reviendra pour les Jeux. Pour tout gagner… » Ça promet…

CHRISTIAN,RASPILLER
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