Ernest Borgnine, le dur au cœur d’or

Cinéma. L’acteur est mort à 95 ans

Ernest Borgnine campe un savoureux général Worden dans « Les douze salopards » de Robert Aldrich. © MGM.

Une gueule. Le visage large, l’air frustre, le corps massif d’un lutteur, les yeux qui peuvent être cruels ou doux, le sourire sanguinaire ou naïf, selon les rôles, selon les films. Une légende de Hollywood. Une vraie. Plus de 150 films. Des troisièmes ou seconds rôles, beaucoup mais marquants. Et des films en vedette, où il est remarquable. Ernest Borgnine est mort dimanche à Los Angeles. A 95 ans.

Si vous l’avez vu sur le grand écran, ou le petit écran des DVD, vous ne pouvez pas l’oublier. C’est le méchant par excellence. Le sergent Fatso Judson, violent et cruel, de Tant qu’il y aura des hommes (Fred Zinneman, 1953). Le belliqueux Coley de Un homme est passé (John Sturges, 1955), le barbare sanguinaire des Vikings (Richard Fleischer, 1957), le chef de secte de La ferme de la terreur (Wes Craven, 1981), le tueur de Vera Cruz (Robert Aldrich, 1954), l’outlaw sans conscience et sans avenir de La horde sauvage (Sam Peckinpah, 1969)…

On l’a souvent confiné dans ces rôles de bandit sans cœur. On avait tort. Dans quelques films, Ernest Borgnine montre son savoir-faire d’acteur. Il est l’amusé, ironique et savoureux général Worden dans Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967), la pauvre victime de Lee Marvin des Inconnus dans la ville (Richard Fleischer, 1955), le jaloux rancher Horgan, persuadé que sa femme le trompe avec Glenn Ford de L’homme de nulle part (Delmer Daves, 1956). Il est surtout le brave Marty dans le film du même nom, un garçon boucher italien timide et amoureux d’une institutrice pas très jolie (Delbert Mann, 1955). Interprétation qui lui valut un Oscar.

Ermes Effron Borgnino était bien d’origine italienne, comme le dit son vrai nom. La Navy de 1935 à 1945, des études de théâtre, Broadway puis un petit rôle dans un film de Siodmak en 1951. Et puis Tant qu’il y aura des hommes et sa carrière est lancée. Elle ne s’arrête qu’il y a quelques semaines. On a signalé ici ses rôles de l’âge d’or de Hollywood. mais il apparut dans New York 1977 (1981), Bienvenue à Gattaca (1997), dans des séries télé, dont un épisode d’Urgences. Il prêta sa voix au vieillissant homme-sirène dans la série Bob l’éponge. Récemment encore, il tournait les dernières scènes de son ultime film sous la houlette du réalisateur Elia Petridis : The man who shook the hand of Vicente Fernandez.

Ses rôles de dur ne révélaient pas l’homme : il était attachant et généreux, dit-on. « Jouer, pour moi, disait-il en 2007, c’est très simple. Vous devez juste utiliser ensemble votre cœur et votre tête. » Et si on se passait Les Vikings, ce soir, en hommage ? On y retrouvera Kirk Douglas, 96 ans fin de l’année, qui lui survit.

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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