La journaliste Janine Lambotte est décédée à l’âge de 87 ans

Janine Lambotte avait été la première présentatrice de JT © Le Soir/Sylvain Piraux

Janine Lambotte était ce qu’il est convenu d’appeler une pionnière. Elle est décédée jeudi à l’âge de 87 ans après avoir été hospitalisée à Bruxelles suite à une mauvaise chute, quelques années après la disparition de son mari Pierre Boons, qui avait lui été rédacteur en chef du JT.

C’était incontestablement une figure de premier plan de l’histoire de la télévision puisqu’elle en a fait partie dès le premier jour de diffusion, ou plus exactement le lendemain, à savoir le 1er novembre 1953, il y a presque 60 ans.

Pionnière parce qu’elle fut la première speakerine de la télévision belge puis la première présentatrice de journal télévisé… en Europe. Elle confia toutefois ne pas être au courant à l’époque de la dimension symbolique de la chose : c’est en effet Christine Ockrent, sa descendante et quelque part homologue en France, qui lui révéla qu’elle avait figure de devancière pour toutes les journalistes femmes du continent.

Janine Lambotte a donc commencé dès les débuts de la télévision belge (INR) à la présentation d’un magazine féminin. Elle raconta aussi qu’à l’époque, les femmes se comptaient sur les doigts d’une main à la télévision et que, sur des événements comme la tragédie de Marcinelle en 1956, le reportage sur le terrain était strictement réservé aux hommes.

C’est pourtant sur le terrain, et quel terrain, celui de l’Expo 58, qu’elle devint une personnalité appréciée du public grâce aux trois heures d’émission en direct diffusées par l’INR depuis le plateau du Heysel. En 1961, elle s’installa pour dix ans à la présentation du JT, même s’il faut rappeler qu’à l’époque, il n’existait pas de titulaires incontestables mais des tournantes.

Par la suite, elle s’orienta vers les relations publiques, vers la radio grâce aux nombreux feuilletons qu’elle écrivit pour Gérard Valet et son émission Point de mire, et vers la presse écrite puisqu’elle collabora longuement à feu l’hebdomadaire Pourquoi pas ? ainsi que jusqu’à récemment au mensuel L’événement et aux pages de Victoire, le supplément du samedi du Soir.

JEAN-FRANCOIS LAUWENS
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