Le bal populaire de 1946

Les archives photographiques du Soir recèlent quelques pépites. Nous avons envie de vous faire partager ce patrimoine. Chaque vendredi nous publions un de ces témoignages de notre passé.
 
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 Le Bal national de ce 20 juillet connaîtra-t-il autant de succès ?

Dans le Soir du 22 juillet 1946 cette photo était ainsi légendée : « la cohue devant le perron de l’hôtel de ville où trônent les 132 musiciens de l’Harmonie des Invalides. »

La photo illustrait l’article de Robert Hens : « Bal populaire à la Grand’Place » :

(…) Pénétrer sur l’agora bruxelloise n’est pas une mince affaire. On peut affirmer que c’est un tour de force, mais un tour de force payé d’un réel émerveillement.

Déjà les rythmes de l’orchestre Charlie Derey, jettent leur joie aux élégantes façades. La lumière, les cris et la musique éclaboussent les vieilles pierres. Les vénérables étendards des corporations frémissent à leurs hampes comme s’ils étaient eux-mêmes saisis par l’unanime gaîté.

Sur l’aire comprise entre les quatre incomparables côtés de notre joyau national, une foule gambade, gesticule, chante, rit, s’amuse. Foule aussi aux fenêtres des maisons (…) La Maison du Roi, si finement découpée qu’on la dirait faite pour servir de fastueuse tribune, porte autant d’occupants qu’il y a de niches, de tailles et de fleurs dans sa pierre. En face d’elle l’hôtel de ville a doublé son peuple de statues. Mais les nouvelles s’esclaffent et s’esbaudissent, gagnant en vie ce qu’elles perdent en dignité.

A droite, de la tour, M.. Van de Meulebroeck, entouré d’un grand renfort de notabilités, se penche au balcon, et sourit… en regrettant peut-être de n’avoir plus vingt ans. Bien sûr, plus d’un carabin conte en ce moment fleurette à plus d’une jolie fille. Et voyez, Monsieur le Bourgmestre, comme tous ces jeunes gens virevoltent et tournoient. Ah grandeur et servitude des pompes mayorales !

L’Harmonie Royale des Invalides, dont le dévouement sous l’impulsion de son président M.H. Christiaens est infatigable, lance à sont tour ses vibrants accords. (…)

A minuit, les lampes et les projecteurs s’éteignent. L’Harmonie des Invalides fait retentir la « Brabançonne » qu’un chœur immense chante à plein gosier. Le 21 juillet commence et chacun tient à manifester le plus hautement possible son attachement à la Patrie. (…)

L’Harmonie des Invalides, toujours elle, enchaîne bientôt par des airs joyeux qui reforment les farandoles, les rondes, les danses (…)

Ici, des curieux considèrent les démonstrations de danses modernes quelque peu extravagantes ; là, des gens moins exigeants se prennent le bras et se balancent en cadence. Une danse populaire anglaise plie et redresse à son rythme une partie de la foule dont la taille semble ainsi croître et diminuer tour à tour. Et, comme le plaisir altère et que les Belges craignent la soif, la bière ne manque pas de couler abondamment dans les verres.

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