Deux médailles d’or aux JO de Tokyo en 1964

Les archives photographiques du Soir recèlent quelques pépites. Nous avons envie de vous faire partager ce patrimoine. Chaque vendredi nous publions un de ces témoignages de notre passé.
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La photo est parue dans Le Soir vendredi 30 octobre 1964 avec cette légende : « La caravelle de la Sabena en provenance de Beyrouth vient d’atterrir à Bruxelles-National. Patrick Sercu et Gaston Roelants, nos deux champions olympiques qui portent fièrement leur médaille d’or, sont apparus les premiers au sommet de la passerelle. Fatigués, mais heureux, ils saluent la foule qui les acclame.
 
»Dans l’édition du dimanche 25 et lundi 26 octobre 1964, Jacques Hereng, l’envoyé spécial du Soir à Tokio, comme  on l’écrivait à l’époque, propose un article de synthèse sur les performances des athlètes belges.
 
« Bilan positif pour la Belgique – C’est l’athlétisme qui nous a donné le plus de satisfactions »
 
« (…) Pour beaucoup d’Européens, du reste, ces premiers Jeux, disputés sur le sol asiatique, auront été ceux de l’incompréhension réciproque. L’incroyable difficulté de la circulation dans la capitale japonaise, la lenteur des moyens de transmission et surtout le mur infranchissable de l’écriture et du langage n’ont cessé de les déconcerter.
Mais de l’autre côté de la barrière, nous doutons que le Japonais moyen ait réellement compris la beauté du spectacle qui lui était offert. Certes, il n’a jamais délaissé le stade ou la piscine, qui furent pratiquement combles tous les jours. Il suivit même des disciplines mineures comme le hockey ou le water-polo pour ne citer que celles où nous étions représentés. Mais il n’y apporta aucune chaleur humaine, aucune communion d’esprit. Il n’y eu qu’un seul éclair dans cette grisaille qu’encouragea le cafardeux automne japonais : l’arrivée de l’Ethiopien Abébé Bikila au terme du plus extraordinaire marathon de l’histoire. Le caporal du Négus fut ainsi le seul champion olympique acclamé comme il le méritait. Ce qui ne fut pas très équitable pour les autres « rois » et « reines » de ces Jeux, Peter Snell, Bob Hayes, Don Schollander et Dawn Fraser, que nous citons sans ordre préférentiel.
 
Deux médailles d’or et une de bronze
A l’heure des bilans, même si nous avons souvent regretté l’atmosphère de la Rome olympique d’il y a quatre ans, la place n’est pas aux regrets cependant. Depuis longtemps, en effet, la Belgique n’avait obtenu un tel résultat d’ensemble aux Jeux : deux médailles d’or et une de bronze.
Davantage que le cyclisme, qui vécut dans un monde à part, c’est l’athlétisme qui nous a donné le plus de satisfaction (…)
Mais à chanter les louanges de Roelants  et de ses camarades et à vaguer de réception en réception ne doivent pas s’arrêter les bonnes intentions de nos dirigeants. Il importe désormais de préparer l’avenir et de donner les coudées franches à ceux qui ont réussi, avec des moyens malheureusement limités, à former un noyau d’athlètes d’aussi grande valeur. Car il ne s’agit encore que d’une poignée d’hommes qui font illusion à l’étranger, mais dont nous mesurons dans le formidable contexte olympique, l’affligeant isolement. »
 
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