1928 : quand le Soir organisait des concours de plages

Les archives photographiques du Soir recèlent quelques pépites. Nous avons envie de vous faire partager ce patrimoine. Chaque vendredi nous publions un de ces témoignages de notre passé.
 
concours de plages
 
Le 6 août 1928, le concours de forts de résistance se déroule sur la plage de Knokke.
 
En 1994, dans le Soir du 11 août, Christian Dubrulle interviewait Fernand Keurvels, le dernier «patron» de ces concours, initiés en 1923. A l’époque, les jeunes vacanciers étaient invités réaliser des dessins en relief, de véritables sculptures de sable. 
Le concours s’est perpétué  jusqu’en 1979, sur la plage de Coxyde. Mais, au fil des années, la formule avait évolué vers le plus traditionnel concours de châteaux de sable aux dépens des sculptures, l’engouement d’antan avait peu à peu diminué. Et c’est finalement faute de combattants qu’il a été décidé de mettre un terme aux concours de plage…
 
Des volontaires des différents services du groupe Rossel veillaient, pendant un mois,  à la bonne marche des concours qui étaient itinérants.  Fernand Keurvels décrit une de leurs journées : «Chaque jour de concours, c’était la même chose. Le matériel et le personnel mobilisés pour la saison quittaient Ostende (choisie pour sa position centrale comme «base» des grandes manoeuvres estivales) à destination de la plage du jour.Quelques heures avant la marée haute, les équipes turbinaient. Vêtus d’un pantalon et d’une veste blaser, les organisateurs arborant la tenue de ville s’occupaient des inscriptions sur la digue tandis que leurs collègues sur la plage portaient, eux, un short et une marinière.Outre les inscriptions qu’il y avait à orchestrer, il fallait également déposer le matériel (les pelles, les piquets-drapeaux témoins déposés sur la «ligne de fort», tous les cinq pas, monter la tente infirmerie et prévoir les lots qui, quelques heures plus tard, allaient être remis aux lauréats. Un travail qui n’était certes pas une sinécure: certaines années, il y eut pour toute la saison jusqu’à 20.000 participants!À l’heure dite, le concours démarrait. Les équipes de gamins dévalaient en force sur la plage. Au signal, l’un d’eux tenait le piquet à la verticale tandis que les autres y élevaient tout autour le «château». Quelques minutes plus, tard, une fusée rouge était tirée. Tout comme la verte qui indiquait le début du concours, la rouge marquait la fin des «hostilités». Enfants et jurés n’avaient alors plus qu’à attendre que la marée fasse son oeuvre et abatte les piquets-témoins. Deux «forts» sur douze en moyenne étaient récompensés. Il s’agissait bien entendu de ceux ayant résisté les plus vaillamment à l’assaut des flots! Et si les meilleurs remportaient les premiers prix, chaque concurrent repartait toutefois avec un prix de consolation. L’important n’était-il pas de participer? »
 
Mais revenons aux « temps héroïques » avec le concours de 1928, à Knokke, commenté dans le Soir du mercredi  8 août : « (…) Le premier concours réunit 516 concurrents. La tradition veut que nos concours  ramènent périodiquement le beau temps au littoral. C’est ainsi que ce lundi un radieux soleil s’est levé dans un ciel bleu d’où avaient disparu les gros nuages qui s’étaient amoncelés depuis les premiers jours d’août.
 Et ce premier concours s’est déroulé par une radieuse après-midi. Dès 1h ½, l’armée des concurrents s’alignait devant le phare. Les 516 concurrents, venus tant de Knokke que du Zoute, partagés en 86 équipes, formèrent un cortège bariolé, qui, précédés des fanions du « Soir », se déroula en une longue farandole et gagna l’estran.A 2 h ½  le signal du travail fut donné et aussitôt toutes les pelles se mirent à l’œuvre. La foule des parents et des amis suivait avec curiosité les efforts des concurrents, qui bientôt durent se défendre contre l’attaque des flots. »La mer, très calme, ne fit pas de grands dégâts et les ouvrages les mieux construits résistèrent près de deux heures. Chaque fois qu’un drapelet tombait à l’eau, annonçant la chute d’un fort, des acclamations nourries retentissaient.  Le jury (…) établit le classement (…)Le concours terminé un nouveau cortège se reforma et, par l’avenue Lippens, gagna l’hôtel de ville. Le défilé en ville obtint un vif succès ; la foule applaudissait au passage les petits colons de l’œuvre nationale de l’enfance, qui avaient fourni au concours un important contingent. (…)A l’hôtel de ville, M. l’échevin Vandenbroucke eut pour le « Soir »  quelques paroles particulièrement aimables : il souligna ses heureuses initiatives qui animaient toutes les plages et donnaient aux petits villégiateurs quelques heures de joie, tout en leur permettant, par leurs efforts d’envoyer aux colonies de grand air leurs petits compagnons moins fortunés. »Les lauréats furent très acclamés tandis qu’ils s’en allaient arborant fièrement sur leur poitrine la médaille des vainqueurs

 

 

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