Bruxelles : spectaculaire incendie rue Neuve

 Trois immeubles ont été touchés par le sinistre

L'incendie a pris au septième étage du magasin H&M. Très vite, il s'est propagé aux bâtiments mitoyens. © Belga

Un énorme panache de fumée noire. Puis de hautes flammes pour les plus proches du sinistre. Le spectaculaire incendie qui a assombri le centre de Bruxelles mardi soir, sans faire de victimes heureusement, a surpris les milliers de badauds qui circulaient aux alentours de la rue Neuve, suscitant une animation étonnante jusqu’à tard dans la nuit tout autour du périmètre de sécurité tracé par les forces de l’ordre. Celles-ci interdisaient l’accès à toute la rue Neuve, au quartier de la place des Martyrs, à la rue Fossé aux Loups et à la place de la Monnaie.

C’est aux étages de la succursale H&M de l’entrée de la rue Neuve en venant de la place de la Monnaie que le feu a éclaté aux environs de vingt heures. Là, ou dans l’un des deux bâtiments contigus, le C&A d’un côté ou le Forever 21 de l’autre. Ces deux immeubles étaient tous deux en chantier. Et leurs quatre étages étaient entièrement vides, ouverts aux quatre vents, sans même d’escalier les reliant les uns aux autres. Ils étaient occupés seulement par du matériel de chantier et des échafaudages métalliques équipés de planchers en bois. Leurs toitures étaient également en réfection.

L’origine du sinistre ? Impossible à déterminer dans la soirée, selon le porte-parole des pompiers de la capitale Pierre Meys. « Avec tout ce matériel en bois, le roofing sur les toits, le feu s’est répandu avec une extrême rapidité, expliquait-il. Difficile dans ces conditions de trouver le foyer d’origine. Mais il faut savoir qu’un feu peut couver des heures avant d’éclater, par exemple en raison d’une rafale de vent. » Les flammes, en tout cas, ont rapidement pris de l’ampleur, et vers 21 heures deux explosions ont secoué les centaines de personnes qui s’étaient rassemblées, qui rue Fossé aux Loups, qui boulevard Pacheco, entraînant rapidement un nouvel élargissement du périmètre de sécurité. Il s’agissait en fait de deux bonbonnes de gaz utilisées pour la pose du roofing.

Soixante pompiers, munis de cinq autopompes et d’autres véhicules d’intervention, sont rapidement arrivés sur place, tandis que la police de Bruxelles-Ixelles procédait à l’évacuation de quelque cinquante riverains (comme le savent les Bruxellois, le quartier est peu habité), des habitants mais aussi des gardiens d’immeubles ou travailleurs nocturnes. Ces personnes ont été regroupées dans une salle de l’hôtel Métropole de la place De Brouckère toute proche. Elles devaient y rester tant que les conditions de sécurité pour leur retour à domicile ne pourraient être assurées, informait le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans, rapidement arrivé lui aussi sur les lieux.

Ce qui était encore loin d’être le cas vers 23 h 30. « Il s’agit d’un sinistre très important et difficile à maîtriser, observait Pierre Meys. Les quatre étages vides des deux immeubles voisins sont atteints, et ces immeubles font une centaine de mètres de profondeur. L’accès par l’arrière des bâtiments est impossible pour les pompiers, raison pour laquelle toute l’intervention doit se faire par la rue Neuve. » Le « champ de bataille » des pompiers représentait donc quelque 4.000 mètres carrés…

Vers une heure du matin, l’incendie était sous contrôle mais pas encore totalement maîtrisé. Et deux questions se posaient parmi la foule. La rue Neuve serait-elle accessible aux chalands ce mercredi matin ? Et les riverains pourraient-ils rentrer chez eux dans la nuit ? « Impossible de répondre à cette heure », soupirait le bourgmestre Freddy Thielemans.

« Nous revenions de vacances »

témoignage

Un jeune couple, lui Français, elle Flamande, précisent-ils, paraît quelque peut désemparé sur la terrasse de l’hôtel Métropole, où ont été rassemblés les riverains évacués. Maelan Delambre et Elisabeth Van Caelenberge, installés depuis quelques mois dans un appartement qui fait face à l’Inno, rentraient de vacances et souhaitaient rejoindre leurs pénates quand leur élan a été coupé par… les liens aux couleurs de la police qui leur barraient l’accès, et par un remue-ménage, évidemment, auquel ils ne s’attendaient pas.

« La police nous a fait savoir que nous ne pouvions pas rentrer chez nous et a pris nos coordonnées avant de nous inviter à rejoindre le Métropole, expliquait le jeune homme l’air circonspect. Nous ne savons pas s’ils doivent nous informer que la voie est libre. On nous a dit que nous serions tenus informés ici, alors nous attendons… »

« Mais nous n’allons pas attendre longtemps, ajoutait la jeune femme. Nous avons déjà pris contact avec des proches qui sont prêts à nous héberger

si nécessaire. Mais nous les avons prévenus : nous ne pourrons pas passer chez nous

Pierre VASSART
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