SYRIE : Un rapport de l’ONU met les forces du régime en accusation

Comme pour illustrer le rapport de l’ONU qui dénonce les crimes contre l’humanité commis par le régime Assad, l’armée syrienne a bombardé la ville d’Azaz, faisant des dizaines de morts. © AFP PHOTO/BULENT KILIC

Dans un volumineux rapport (102 pages), la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie a accusé ce mercredi à Genève les forces gouvernementales syriennes et leur milice des chabbiha d’avoir commis des crimes contre l’humanité. Et détaille « des crimes de guerre et violations flagrantes des droits de l’homme et des lois humanitaires. Des meurtres illégaux, des attaques indiscriminées contre les populations civiles et des actes de violence sexuelle ont été commis dans le cadre de la politique de l’Etat, ce qui indique l’implication des plus hauts niveaux des forces armées et de sécurité et du gouvernement ». Le texte évoque aussi par ailleurs des crimes de guerre, incluant des meurtres, des assassinats extrajudiciaires et des tortures reprochés à l’opposition.

Vingt-trois morts à Azaz

Sur le terrain, un raid de l’armée de l’air syrienne a tué au moins 23 personnes mercredi dans la localité rebelle d’Azaz, dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), alors que de durs combats étaient encore observés à Alep, non loin de là.

Selon l’OSDH, le raid, mené par un avion qui a brisé le mur du son avant de tirer des missiles, a visé un ancien siège local du parti Baas dans cette ville de 70.000 habitants, devenu un quartier général pour des groupes rebelles.

L’attaque a provoqué un vent de panique dans la ville, et des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, se pressaient mercredi soir à la frontière turque voisine, selon un journaliste de l’AFP, qui a vu sur les lieux du raid des dizaines de personnes, criant et se lamentant, escalader les décombres à la recherche de survivants. Selon lui, tout a été rasé sur un périmètre de 40 par 20 mètres.

Dans la capitale Damas, divers incidents armés ont été signalés hier. Une journaliste de l’AFP sur place a entendu une fusillade à proximité des bureaux du Premier ministre. Auparavant, une forte explosion avait retenti. Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont revendiqué cette attaque en expliquant qu’elle visait « une réunion de militaires dans un bureau de l’état-major général ».

Selon ce porte-parole, cette opération visait « à remonter le moral de l’ASL et également à dire à Bachar al-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous connaissons ce qui se passe dans leurs rangs ». Aucun bilan n’était disponible mercredi soir. (d’après afp)

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