Neil Armstrong a rejoint les étoiles

Le premier piéton lunaire est décédé samedi aux Etats-Unis. Son exploit a inspiré des générations de jeunes.© Belga

C’était il y a 43 ans : le 21 juillet 1969. L’astronaute américain Neil Armstrong était le premier homme à poser le pied sur la Lune. « Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’Humanité », devait-il déclarer à ce moment-là. Une petite phrase répercutée en direct par la télévision qui faisait ses débuts en « Mondovision » et captée simultanément par au moins 500 millions de terriens.

Cet homme, aussi efficace que discret, s’est éteint samedi aux Etats-Unis, à l’âge de 82 ans des suites d’une opération cardiovasculaire subie plus tôt ce mois-ci.

Parlant d’Armstrong, ses proches ont exprimé leur espoir que son héritage encourage les jeunes gens à « travailler dur pour que leurs rêves deviennent réalité, (…) repousser les limites et servir avec abnégation une cause plus grande que la leur. »

« C’était une personne humble et il l’est resté après son vol lunaire, comme avant », a indiqué John Glenn, le premier Américain de l’espace. « Neil va nous manquer », a réagi pour sa part son compagnon d’aventure lunaire, Buzz Aldrin, lui aussi âgé de 82 ans.

Concernant sa phrase historique, prononcée lors de ses premiers pas sur la Lune, le commandant d’Apollo 11 avait tenu voici peu à mettre les points sur les « i ». Il avait expliqué n’avoir songé à cette phrase qu’après avoir posé le pied gauche sur le sol de la « mer de la Tranquillité ». « Après avoir aluni, et quelque peu surpris d’avoir pu le faire, j’ai senti qu’il fallait que je dise quelque chose, avait-il expliqué. Mais, ce n’était rien de très compliqué. »

Mais il n’a pas dit « un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité » comme beaucoup le pensent. « J’ai dit un petit pas pour UN homme, un bond de géant pour l’humanité. Les gens ne l’ont pas entendu, c’est tout », a-t-il souligné.

Enfant, Neil Armstrong était fasciné par les avions. Il prit des cours de pilotage à 15 ans et obtint son brevet de pilote un an après. Plus tard, il devint pilote de l’aéronavale et effectua 78 missions pendant la guerre de Corée (1950-53). Armstrong étudia aussi l’ingénierie aéronautique à l’université de Purdue et obtient une maîtrise dans cette même discipline à l’université de Californie du Sud. En 1955, il devint pilote d’essai.

Sept ans plus tard, il fut sélectionné par la Nasa, l’agence spatiale américaine, pour devenir astronaute.

Son aventure spatiale se joue alors en deux temps. En septembre 1966, il effectue un vol avec David Scott pour la mission Gemini 8. Le vaisseau s’amarre à un autre véhicule non habité, réalisant le premier amarrage orbital de deux modules spatiaux. Puis, ce sera la mission Apollo 11 qui le propulsera dans l’Histoire.

Neil Armstrong ne s’est jamais laissé séduire par les sirènes de la célébrité. Très discret, il a toujours été peu disert sur l’expérience qui a fait de lui l’astronaute américain le plus connu de la planète. Ses deux coéquipiers de la mission Apollo 11, Buzz Aldrin et Michael Collins, ont écrit des livres et souvent livré leurs sentiments sur la première mission humaine sur la Lune, alors qu’Armstrong a lui refusé quantité d’offres de livres et d’interviews.

« Neil Armstrong était malgré lui un héros américain qui a toujours pensé qu’il faisait simplement son travail. Il a servi avec fierté son pays, comme pilote de chasse dans l’aéronavale, pilote d’essais et astronaute », a résumé sa famille.

Après avoir quitté la Nasa en 1971, il enseigna l’ingénierie à l’université de Cincinnati jusqu’en 1979, avant de se lancer dans les affaires, toujours de manière discrète bien sûr. Il préférait assurément la quiétude de sa ferme située dans un coin retiré de l’Ohio aux feux de la rampe.

Neil Armstrong était toutefois sorti de sa réserve en 2010 pour exprimer ses inquiétudes concernant la politique spatiale du président américain Barack Obama, et l’abandon du programme lunaire Constellation.

Avec ses coéquipiers du programme Apollo Jim Lovell et Eugene Cernan, il avait écrit une lettre ouverte dans laquelle il affirmait : « L’Amérique doit décider si elle veut rester un leader dans l’espace. »

« Tant qu’il y aura des livres d’histoire, Neil Armstrong y figurera », a de son côté commenté le patron de l’agence spatiale américaine, Charles Bolden. En plus d’être un des plus grands explorateurs d’Amérique, Neil avait de la grâce et une humilité qui étaient un exemple pour nous tous », a-t-il ajouté.

Neil Armstrong avait épousé Carol Knight en 1999. Il avait deux fils d’un précédent mariage. Dans un communiqué publié samedi, sa famille a formulé cette simple demande à tous ceux qui veulent se souvenir de Neil Armstrong : « La prochaine fois que vous vous promenez dehors par une nuit claire et que vous voyez la Lune vous sourire, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d’œil. »

CHRISTIAN DU BRULLE (avec ap et afp)

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