Kim Clijsters part à la retraite

L’élimination de Kim Clijsters dès le 2e tour de l’US Open a pris de court tout le monde et en a déçu plus d’un (à commencer par Brian Lynch, le mari de la joueuse). Elle signifiait l’adieu au circuit d’une joueuse qui ne laisse pas qu’un palmarès enviable derrière elle (4 Grands Chelems, 3 Masters, 1 Fed Cup, etc.), mais aussi une façon de prendre du plaisir et d’en donner comme au moment de signer des autographes à tous ses admirateurs. © AFP

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL à NEW YORK

On n’a pas eu droit aux larmes de Kim Clijsters, mais à son éternel sourire. Le plus beau sourire d’un circuit qui oublie trop souvent que le tennis, c’est d’abord un jeu. La Limbourgeoise n’a eu de cesse de rappeler à tout ce monde aseptisé l’importance d’un bonjour, d’un clin d’œil, d’une bonne blague ou d’un bon mot. Kim ne laisse pas qu’un palmarès derrière elle, mais aussi une façon de prendre du plaisir et d’en donner.

Clijsters qui tire sa révérence à New York, c’était annoncé avant cet US Open, mais c’est arrivé plutôt que prévu, dès le 2e tour. La faute à la jeune Laura Robson, 18 ans, dont on risque de reparler. Quelque part, Kim ne pouvait imaginer meilleur passage de témoin dans un tournoi, sur un circuit, qui lui a tant donné. Encore quelques matchs en double (« Je vais tourner le bouton facilement et me concentrer pour me donner une dernière fois à fond »), et elle rangera sa raquette dans le fond de son garage à Bree. Le compteur de la Limbourgeoise s’arrête donc à 41 titres remportés (le dernier à l’Open d’Australie en 2011), dont 4 titres du Grand Chelem, 3 Masters et 20 semaines cumulées sur le trône mondial. Mais plus que via ce beau palmarès, c’est au travers de sa personnalité que Kim a marqué le circuit. Et ça, c’est encore plus fort. Depuis cette élimination qui a pris tout le monde de court, les messages de sympathie n’ont cessé d’inonder tous les canaux. Et ce, tant du côté féminin que masculin, ce qui prouve le réel impact d’une joueuse qui ne laissait personne indifférent. Et la teneur de ces messages est plus ou moins partout la même : des mercis pour ce que Kim a apporté tant, sur, qu’en dehors des courts. Et même si elle est trop gênée pour l’avouer elle-même, ces marques de sympathie doivent la remplir de bonheur car

elle n’a jamais envisagé sa carrière autrement que d’une manière très sociale, ludique et humaine. On se dit qu’elle aurait encore pu remporter plus de titres, si elle avait été plus égoïste. Mais une Kim malheureuse aurait-elle été aussi performante ? Poser la question, c’est y répondre.

Et cette fois, cet arrêt de carrière est bien définitif. En 2007 (elle n’avait pas encore 24 ans), elle s’était retirée une première fois, après un « burn-out » physique et mental. Le temps de se marier et de devenir maman, elle avait fait un retour fracassant en remportant l’US Open 2009. Mais, là, c’est bel et bien fini.

« Elle est allée au bout de ce que son corps pouvait encore lui donner, nous avoue Sam Verslegers, son ostéopathe. Il n’y avait pas une meilleure place pour faire ses adieux. Le top avec elle, je l’ai vécu en 2009. Elle a repris les entraînements alors qu’elle n’était plus nulle part physiquement. On est reparti de zéro après cette maternité. Et quelques mois plus tard, elle remportait l’US Open. J’en ai encore des frissons. »

A 29 ans, Kim va désormais profiter de l’autre vie qu’elle avait commencé à construire entre ses deux parties de carrière. Aux côtés de Brian Lynch, son mari, et de Jada, 4 ans et demi, qui va découvrir une autre maman. Finis les plannings d’entraînement et les longs déplacements en avion. Kim va redevenir une personne normale, mais toujours avec ce sourire qui restera comme son plus beau coup, au tennis, et dans la vie…

YVES SIMON
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