La France va rejoindre 7 pays européens qui ont changé leur législation concernant le mariage gay

La « Gay pride », le 30 juin à Paris : une nouvelle avancée pour les couples homos. © AFP.

De notre envoyée permanente à Paris

C’était une promesse de campagne de François Hollande. La gauche au pouvoir autoriserait les couples du même sexe à se marier et à adopter des enfants. Quatre mois après l’alternance, la ministre de la Justice a levé le voile sur le futur projet de loi qui devrait aboutir l’an prochain. Mais tel que l’a présenté mardi Christiane Taubira dans le quotidien catholique La Croix, l’esprit du texte ne satisfait ni les représentants des gays ni la droite. Car si l’adoption serait bien légalisée, la procréation médicalement assistée serait toujours interdite aux couples de lesbiennes. De même, les couples d’hommes ne pourraient pas recourir à une mère porteuse. La parentalité ne serait pas non plus automatiquement reconnue au sein des couples homos. Le conjoint du parent biologique devrait faire une demande d’adoption pour voir ses droits reconnus. « C’est un recul par rapport à la promesse de François Hollande », regrette le porte-parole de l’association LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans), Nicolas Gougain.

Mais même en retrait par rapport aux promesses de campagne, le texte suscite déjà une bronca à droite et dans l’Eglise. Que Christine Boutin, la présidente du parti chrétien-démocrate, réclame un référendum, cela n’a surpris personne. Mais même l’aile la plus progressiste de l’UMP renâcle. L’ex-Premier ministre Alain Juppé, notamment, se dit opposé à l’adoption. A l’extrême droite, certains élus comme le maire d’Orange Jacques Bompard (Ligue du Sud, ex-FN) invoquent une « clause de conscience » pour ne pas avoir à célébrer de mariage gay.

L’Eglise n’est pas en reste. Le président de la conférence des évêques de France, Me André Vingt-Trois espère pouvoir « infléchir » le projet. On devine dans quel sens. Le 15 août, lors de l’Assomption, les catholiques avaient été invités à faire une prière pour marquer l’attachement de l’Eglise à la famille.

La société est pourtant moins conservatrice que ses élus et son Eglise. Au fil des ans, les sondages montrent une opinion de plus en plus largement acquise à l’égalité des couples. En janvier dernier, selon une étude BVA, 63 % des Français se disaient favorables au mariage homo et 56 % à l’adoption.

JOELLE MESKENS
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