Gros succès pour la soirée Congo du « Soir »

Le débat auquel participaient David Van Reybrouck, Louis Michel, Antoine Tsitungu, Colette Braekman et Henri Mova Sakanyi était animé par Béatrice Delvaux. © Sylvain Piraux.

Le Congo passionne les foules. Plus de 750 personnes ont répondu « présent », mardi soir à Bruxelles, pour notre débat sur les histoires entremêlées du Congo et de la Belgique.

Est-ce qu’un livre peut avoir un impact sur la politique qu’on mène ? A la question qu’il s’est lui même posée, Didier Reynders a répondu « oui » sans hésitation. Et il n’était pas le seul puisque les 750 participants au débat étaient venus pour ce livre, Congo, une histoire de David Van Reybrouck. Et même si le ministre belge des Affaires étrangères a été interrompu par une personne dans la salle qui réclamait « un vrai débat tout de suite », le débat a bien eu lieu quelques minutes plus tard quand l’ambassadeur de la République démocratique du Congo en Belgique, Henri Mova Sakanyi, a livré à l’auditoire une critique en règle du livre.

« Ce livre a tellement été encensé par la critique qu’il est difficile de dire ce qui ne va pas dans cet ouvrage », a dit Mova Sakanyi. « Mais il s’agit bien ici d’une histoire du Congo, pas de son Histoire avec un grand H… Parce qu’on y retrouve des clichés, des stéréotypes qui rappellent un autre reporter nommé Tintin. C’est un beau livre, un beau roman. Mais si on veut y apprendre des vérités historiques, c’est autre chose, on risque d’être busé à l’examen », a poursuivi l’ambassadeur du Congo en citant plusieurs exemples. Son principal regret ? Que David Van Reybrouck n’ait pas parlé des systèmes politiques qui étaient en place au Congo

« Quand on lit ce livre, il faut apprendre à savoir faire la part des choses. On est parfois à la lisière de la caricature, l’anecdotique a été privilégié. J’étais présent à des événements qui sont relatés dans le livre de David, j’aurais pu l’aider… Quand on parle du Congo, il faut apprendre à décoder », a ajouté l’ancien ministre congolais né en 1962 à Lubumbashi avant d’être fortement applaudi.

David Van Reybrouck a embrayé en expliquant qu’il avait volontairement privilégié l’anecdotique en rencontrant des centaines de témoins plutôt que des responsables politiques. « Je suis archéologue à la base, c’est peut-être pour ça, a-t-il dit. Peut-être que certains témoins m’ont donné des infos pas toujours exactes. Mais ça aussi, cela fait partie de la réalité du pays ».

Pour le débat sur le fond, les participants avaient l’occasion de poser des questions par écrit. Sur l’ensemble des questions posées, cinq ont été sélectionnées. L’une d’elle portait sur l’indépendance. Est-elle venue trop tôt ? « Non, a répondu l’ambassadeur, mais les Belges n’y étaient pas du tout préparés et n’avaient aucune expérience en la matière ».

PHILIPPE DE BOECK, STAGIAIRE
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