Le robot Curiosity dévoile un premier ruisseau fossile sur Mars

Les images montrent des graviers, des cailloux et du sable cimentés dans une couche de 10 à 15 cm. © AFP.

Le robot américain Curiosity, sur Mars depuis sept semaines, a découvert des graviers et cailloux provenant du lit d’un ancien ruisseau, confortant les hypothèses d’un passé humide de la planète rouge. D’autres indices de la présence passée d’eau sur Mars avaient déjà été observés mais jamais de tels sédiments laissés par l’écoulement d’eau. Des orbiteurs ont depuis longtemps pris des images de « canaux » à la surface de Mars dont on supposait qu’ils ont été creusés par l’écoulement d’eau dans le passé.

Mais « c’est la première fois que nous voyons des graviers transportés par de l’eau sur Mars, a dit William Dietrich de l’Université de Californie. Ceci est une preuve intermédiaire entre des hypothèses quant à la taille des matériaux transportés par un écoulement d’eau et une observation directe de ces derniers ». Les images transmises par Curiosity montrent des graviers, des cailloux et du sable cimentés dans une couche de roches conglomérées de 10 à 15 cm d’épaisseur datant probablement de « plusieurs milliards d’années ». Les ruisseaux pourraient avoir existé pendant « des milliers voire des millions d’années ».

Depuis 4,6 milliards d’années

« Mars n’a pas de continents ni de tectonique des plaques comme la Terre, elle est monoplaque, explique Véronique Dehant, professeur à l’UCL et astronome à l’Observatoire royal de Belgique. Cela signifie que sa surface ne s’est pas renouvelée et que l’on peut y lire toute son histoire comme dans un livre. Le sud, où Curiosity s’est posé, date de 4,6 milliards d’années… et n’a pas bougé depuis. Comme un musée à ciel ouvert. »

La taille de ces cailloux qui varie de celle d’un grain de sable à celle d’une balle de golf et leur forme donnent une idée de la vitesse et de la distance de l’écoulement de ce ruisseau. « A partir de la taille de ces cailloux, on peut en déduire que l’eau s’écoulait à environ 0,91 mètre par seconde et avec une profondeur d’un mètre environ. La forme de ces graviers révèle qu’ils ont été transportés et leur taille confirme qu’ils n’ont pas été transportés par le vent mais par le flot de l’eau », souligne Rebecca Williams du Planetary Science Institute à Tucson (Arizona), membre de l’équipe scientifique de Curiosity.

La forme arrondie de certains de ces cailloux indique qu’ils ont été transportés sur de longues distances depuis le haut du bassin où un « canal » appelé « Peace Vallis » rejoint l’écoulement alluvial.

AFP, FREDERIC SOUMOIS
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