Le réalisateur français Claude Pinoteau est mort

Le réalisateur français Claude Pinoteau avait révélé Adjani et Sophie Marceau © AFP

Parce qu’on se souvient tous de notre première boum, qu’on a tous dansé sur ce slow cultissime « Reality », qu’on a tous eu 13 ans, qu’on se sentait comme Vic et qu’on s’inventait une grand-mère comme Poupette, nous voici à verser des larmes de crocodile en apprenant la mort de Claude Pinoteau, le père de La boum. Car c’est un peu comme si on enterrait notre adolescence de midinette.

Cinéaste consciencieux, formé auprès de grands tels Cocteau, Melville, Verneuil, Claude Pinoteau avait débuté tardivement en 1972 avec Le silencieux, polar de « qualité française » avec Lino Ventura. Mais de sa filmographie, on retient essentiellement deux titres : La gifle (prix Louis-Delluc) et La boum. Dans le premier, il y révèle Isabelle Adjani au grand public et dans le second, il offre son premier rôle à la jeune Sophie Marceau. Aujourd’hui, chacune d’elles à sa manière déclare avoir perdu « un père de cinéma ».

Il avait les yeux roses

Passionné par son métier, Claude Pinoteau disait : « Un film doit être réalisé dans le respect de tous, y compris des spectateurs. On n’a pas le droit de les ennuyer. » Son cinéma fut malgré tout victime de sa sensibilité et de son romantisme. Ses films « de volonté et d’ardeur » comme il les définissait, avaient bien quelque chose de charmant et sincère mais étaient aussi très naïfs et pépères. À ça, le réalisateur savait répondre, comme il le fit face à notre remarque il y a vingt ans : « On me reproche souvent de faire du cinéma avec des bons sentiments. Je réponds qu’il y a assez de cinéastes qui traitent merveilleusement bien de nos mauvais sentiments ! Un journaliste allemand m’a dit : “Vous voyez la vie avec des lunettes roses.” J’ai répondu : “Je n’ai pas de lunettes roses, j’ai les yeux roses et je continuerai à aimer la vie jusqu’au bout.” Si j’écoute Mozart, je pleure… Désolé pour ceux qui ne peuvent pas voir ni aimer ! »

Après l’échec des Palmes de M. Schutz en 1997, Pinoteau disparut du paysage ciné. Il trouvait cependant toujours mille raisons d’aimer la vie. À 87 ans, le cancer a eu raison de son enthousiasme. It’s the reality.

La Boum

Année 80. Vic, Poupette, Pénélope, Samantha, Mathieu… Des noms, des visages, toute une génération. Et des millions d’ados flirtant sur le slow Reality. Le film fera plus de 4.300.000 spectateurs en France, 15 millions en Europe et des émeutes au Japon. Sophie Marceau a 13 ans et naît au cinéma.

La gifle

Un père qui élève seul sa fille adolescente. Celle-ci veut prendre son indépendance. Conflit, dispute et la gifle part… Scène d’anthologie entre Lino Ventura, le père, et Isabelle Adjani, 18 ans. Nous sommes en 1974. Le film recevra le prix Louis-Delluc et séduit près de 3.400.000 spectateurs en France.

FABIENNE BRADFER
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