Nobel : deux médecins pour le prix… de chimie

Robert Lefkowitz et Brian Kobilka, deux médecins américains, ont percé les secrets de la communication cellulaire. © AP

Mercredi matin, le Comité Nobel de l’Académie des sciences de Suède a attribué le prix de Chimie 2012 à Robert Lefkowitz (69 ans) de l’Université Duke et Brian Kobilka (57 ans), de l’école de médecine de l’université de Stanford pour leurs travaux sur les récepteurs cellulaires. « Notre organisme est un système complexe d’interactions très particulières entre des milliards de cellules, rappelle le Comité Nobel. Chacune d’elles possède des récepteurs minuscules qui lui permettent de percevoir son environnement, de sorte qu’elle puisse s’adapter à ses multiples modifications. »

Robert Lefkowitz et Brian Kobilka se voient décerner le prix Nobel pour des découvertes inédites qui révèlent les rouages internes d’une famille importante de ces récepteurs : les récepteurs couplés aux protéines G. Ces protéines transmettent le signal provenant du récepteur à différentes parties internes de la cellule, ce qui lui permet de générer une réponse cellulaire efficace.

Pendant longtemps, la manière dont nos cellules percevaient leur environnement était un réel mystère. Bien sûr, les scientifiques savaient que les hormones comme l’adrénaline pouvaient avoir de puissants effets : augmentation de la pression artérielle, augmentation du rythme cardiaque par exemple. Ils se doutaient aussi que la surface des cellules contenait une certaine structure capable de générer ce type de réponse de l’organisme en cas de stress par exemple. Mais comment précisément ? C’est ici que les travaux des deux lauréats interviennent.

« Lefkowitz a commencé à utiliser la radioactivité en 1968 afin de localiser les récepteurs des cellules, a expliqué le Comité Nobel, hier. L’équipe a franchi une nouvelle étape dans les années 1980. « La nouvelle recrue Kobilka a relevé le défi d’isoler le gène qui code le récepteur béta-adrénergique à partir du gigantesque génome humain », a indiqué le jury.

Enfin, en 2011, Kobilka a réussi une troisième percée. Avec son équipe, il a pris une image du récepteur béta-adrénergique au moment exact où il était activé par une hormone et qu’il envoyait un signal vers la cellule. « Autant d’avancées qui déboucheront un jour sur des médicaments plus ciblés et aux effets secondaires réduits », a estimé le Comité Nobel.

CHRISTIAN DU BRULLE
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