Jean-Pierre Hautier s’en est allé

Pour la première fois, Jean-Pierre Hautier n’était pas là à la conférence de presse de rentrée de la Première, en septembre, sinon via des images enregistrées. Pourtant, on sait combien la station lui tenait à cœur, c’était son bébé. © RENE BRENY

On le savait malade depuis des mois – un cancer de la thyroïde, auquel il a succombé vendredi soir. Pour la première fois, Jean-Pierre Hautier n’était d’ailleurs pas présent à la conférence de presse de rentrée de la Première, en septembre, sinon via quelques images enregistrées. Pourtant, on sait combien la station lui tenait à cœur, c’était son bébé, il en était le directeur depuis la réforme des radios de la RTBF il y a dix ans, et il était déjà en fonction avant ça sur l’« ancienne Première ». Et ce n’était là que la suite d’une longue carrière entamée à Bruxelles 21 et Bruxelles Capitale.

Car, bien avant d’être un « homme de pouvoir », de structure, Jean-Pierre Hautier était un sacré animateur d’antenne. Sa dernière émission, Bonjour quand même, qu’il animait avec jovialité tous les matins de semaine à 9 heures sur la Première, reste dans les mémoires. Mais il avait bien d’autres choses à son actif. Il faisait partie de l’équipe historique de La semaine infernale et du Jeu des dictionnaires – il prêtait sa voix à Georges Pletinckx dans la saga des Tilkin. Il avait aussi sorti un disque avec Frédéric Jannin – ensemble, ils avaient créé, juste pour rire, le groupe Zinno qui a néanmoins connu en 1985 un succès avec What’s you name. Et personne n’a oublié ses commentaires sur le concours Eurovision de la chanson, en télé, qu’il assurait depuis 1994 – il avait encore livré une prestation légendaire avec Jean-Louis Lahaye pour l’édition 2012, partageant des fous rires notamment sur les babouchkas russes.

« Ce n’était pas un mondain »

La nouvelle de son décès a surpris tout le monde. « Il était malade depuis plusieurs mois, avec des hauts et des bas, ce qui veut dire que l’espoir revenait régulièrement, commente Francis Goffin, directeur des radios de la RTBF. Il était en contact tous les jours (et jeudi encore) avec son plus proche collaborateur. Il avait failli revenir à l’antenne en septembre. Et là, comme les nouvelles étaient plutôt bonnes récemment, on avait concocté un autre créneau pour lui pour janvier. On avait même prévu une surprise pour lui, pour ses 57 ans, qu’il allait avoir la semaine prochaine, le 18 octobre. On voulait l’encourager. Son décès est triste et injuste. C’est une très grande perte pour la RTBF. C’était un personnage de grand talent ».

Sur le plan personnel, Jean-Pierre Hautier a parfois eu des relations difficiles avec certains autres journalistes ou des gens de l’extérieur.

« Ce n’était pas un homme de cocktail, un mondain, poursuit Francis Goffin. Il sélectionnait très fort ses relations mais les entretenait très bien. Il passait parfois pour un distant, un prétentieux, alors qu’il fallait d’abord voir dans son attitude de la timidité et de l’humilité ».

Il est bien trop tôt évidemment pour parler de relève à la tête de la Première. « Il y a des procédures, on les suivra, mais là, nous sommes sous le choc », dit simplement Francis Goffin, manifestement ému.

Jean-Pierre Hautier était l’époux de la journaliste Fabienne Vande Meerssche.

AGNES GORISSEN
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