La vérité sur les Gringos Locos


Fait unique dans l’histoire de la bande dessinée, l’album Gringos Locos de Yann et Schwartz, en librairie depuis ce week-end, est publié avec un cahier de droit de réponse.
Imprimé au mois de janvier, le livre avait soulevé l’ire des ayant droit de Jijé et de Franquin. Gringos Locos met en scène l’épopée de Jijé, l’auteur de Jerry Spring, Franquin, le père de Gaston, et Morris, le créateur de Lucky Luke, au Mexique à la fin des années 1940.
Benoît Gillain et Isabelle Franquin, les héritiers de deux de ces trois maîtres de l’Ecole belge de la bande dessinée, ont estimé que leurs ancêtres étaient tournés en ridicule par Yann et Schwartz. Ils se sont opposés à la sortie de l’album et, pour échapper au pilon, les éditions Dupuis ont négocié l’ajout d’un cahier où les familles rétablissent leur vérité. Les auteurs ont été tenus au silence jusqu’à la sortie de l’album. Ils participeront à une conférence-débat sur les malheurs de Gringos Locos, ce jeudi 10 mai, à la librairie Brüsel, où se tient une exposition des planches originales.
Entre-temps, Yann nous a confié son incrédulité devant le fait de se voir imposer un cahier de droit de réponse dans un ouvrage dont l’humour n’était que le prétexte à rendre un hommage vibrant aux trois génies de l’âge d’or du journal Spirou.
« J’ai été totalement stupéfait des réactions des héritiers Gillain et Franquin. Pour écrire le scénario de cet album, j’ai relu de nombreuses interviews de Franquin, de Morris ou même de l’épouse de Jijé, Annie Gillain. Elle décrivait elle-même la joyeuse bande formée par les trois auteurs comme des « clochards dormant sur des vieux journaux ». D’autres créateurs de bande dessinée qui les ont bien connus comme Jean-Michel Charlier ou Guy Mouminoux ne disaient pas autre chose. Mais peu importe, le but de Gringos Locos n’était pas de faire un album hagiographique à la manière des histoires de l’Oncle Paul. Nous voulions montrer de manière divertissante une bande de joyeux drilles au sortir de la guerre, partant avec toute la candeur et l’enthousiasme de l’époque à la conquête du Mexique et de l’Amérique…N’en déplaise aux esprits chagrins, cet album est inspiré de faits réels à 90 %… »
Yann ajoute que la plupart des anecdotes proviennent directement de la bouche de Franquin et Morris : « Ils me les ont racontées eux-mêmes et je ne vois pas pourquoi ils l’auraient fait s’ils ne les trouvaient pas drôles ! Ils m’ont livré un témoignage de jeunes adultes, avides d’expériences et d’émotions… A l’inverse, leurs héritiers semblent avoir conservé l’image de parents, certes authentiques, mais beaucoup plus raisonnables et trop sérieux ».
Qui détient la vérité ? Gringos Locos n’a pas vocation à devenir un livre d’histoire. Yann se dit profondément choqué par certains reproches formulés dans le cahier de droit de réponse : « On nous accuse, Schwartz et moi, d’avoir désigné les personnages sous leur vrai nom. En réalité, je n’ai écrit nulle part les noms de Jijé, Franquin ou Morris dans cette histoire. Je parle partout de Joseph, André et Maurice. Cela nous permettait de conserver une forme de liberté avec les personnages. Le contrat avec Dupuis a d’ailleurs été établi dans ce sens mais lors de la réalisation de la maquette de l’album, l’éditeur a choisi de mettre les véritables patronymes de Jijé, Franquin et Morris sur les plats avant et arrière… »

Exposition Gringos Locos, du 11 au 30 mai, chez Brüsel, 100 boulevard Anspach, 1000 Bruxelles, du lundi au samedi (10h30-18h30), dimanche et jours fériés (12h-18h30). Conférence-débat avec Yann et Schwartz le jeudi 10 mai à 17h. Entrée gratuite. L’album Gringos Locos, prépublié dans Le Soir fin 2011 est paru chez Dupuis le 4 mai. Brüsel propose aussi un tirage de tête enrichi de trois ex-libris et un portfolio.

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La dernière tirade de Cape et de Crocs


En 1995, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, deux gentilshommes désargentés, fins bretteurs du pinceau et beaux faiseurs de bulles créaient la série De Cape et de Crocs. Depuis, cette épopée animalière aux accents de Molière et à l’action tranchante comme l’épée de Don Diego de la Vega, s’est taillée une place enviable parmi les best-sellers de la bande dessinée contemporaine. Avec le tome 10, De la Lune à la Terre, les auteurs mettent un point final à ce feuilleton vaudevillesque.
Pour couper court aux racontars, le scénariste Jean-Luc Masbou a fait une halte dans une taverne humide des étangs d’Ixelles. Les yeux virevoltants d’une pinte à l’autre, ils nous a tout avoué du destin terrible de ses héros, le renard français, Armand Raynal de Maupertuis, et son compère andalou, le loup Don Lope de Villalobos y Sangrin. Dans ce dixième acte de la saga, ils percent le terrible secret du trésor des Sélénites et affrontent une dernière fois à coups d’alexandrins l’affreux soudard sans vertu, Mendoza…
On pensait arriver au bout de l’aventure en trois tomes mais nous nous sommes laissés emporter par nos délires humoristiques et il en fallu dix! L’important dans cette série, c’est l’écriture, très proche de la commedia dell’arte. On a pris la décision d’arrêter en bouclant le tome 9 mais ça a été dur. Il a fallu jeter beaucoup de bonnes idées. On voulait absolument mettre fin à l’histoire tant que la passion était encore intacte”.
Dans ce dernier épisode, les auteurs repoussent les limites de l’expression avec le personnage du caillou sauteur : une petite chose muette mais dont le dessin érodé dégage une incroyable bouffée d’émotion ! “Le défi de mettre en scène un vrai caillou et de le faire communiquer sans bras ni jambes ni bulles nous a beaucoup amusés. Il a une réelle profondeur psychologique et joue un rôle important. C’est le plaisir de cette série, de se mettre des contraintes tordues, en faisant se cotoyer le réalisme et le grotesque comme chez Shakespeare avec Falstaff ! De Cape et de Crocs, c’est du rire et des larmes dans la tradition de Racine ou de Molière avec du beau langage mais aussi des moments palpitants parce que la culture ne doit pas être forcément ennuyeuse”.
Pour ne pas désespérer leurs lecteurs, Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou ont tout de même prévu de publier deux derniers albums consacrés au mystérieux lapin Eusèbe, dont on découvrira pourquoi et comment il fut condamné aux galères. “C’est une manière de dire au revoir aux amis sans tirer la série en en longueur”, confie Jean-Luc Masbou.

De la Lune à la Terre, Ayroles et Masbou, Delcourt, 48 p.

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Spirou embastille les banquiers pour sauver la France


Rejet de Sarkozy, ombre de Marine Le Pen, spectre de Hollande sur la bourse… la France serait à un tournant de son histoire, si l’on en croit les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Standard & Poor’s éternue. Le pouvoir d’achat s’enrhume. Le chômage a la fièvre. Après avoir tiré la Belgique de la crise des 500 jours, le journal Spirou publie ce mercredi 25 avril un numéro spécial « Sauvez la France ! ».
Les auteurs ont rassemblé leurs imaginations pour venir en aide aux Français désemparés par la politique du pire. Ils signent des images fortes et montrent que les solutions ne manquent pas.
Fermer les centrales nucléaires ? C’est possible : Spirou a mis la main sur une source d’énergie renouvelable insoupçonnée : l’huile de coude.
Consommer français pour sauver l’agriculture locale ? Spirou propose de remplacer le hamburger-frites par la baguette-croquettes et le gobelet de soft par un ballon de rouge.
Réduire la dette souveraine ? Là, le défi est profond avec un gouffre de 1.700 milliards d’euros à combler. Mais chez Spirou, M. Boulier a depuis longtemps appris à compter. Pour répondre à l’urgence de l’assainissement des finances publiques, le comptable de la rédaction suggère de transformer le Louvre en galerie de prêt d’œuvres d’art. Les milliardaires chinois pourraient louer à prix d’or la Mona Lisa de Leonard de Vinci, le Penseur d’Auguste Rodin ou la Dentellière de Johannes Vermeer et contribuer ainsi au redressement du commerce extérieur. Mais pour espérer un vrai sauvetage des finances publiques, M. Boulier préconise la méthode ancestrale qui a fait ses preuves sous les rois de France : embastiller les banquiers et vider leurs coffres. Sabre de bois !

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Goddam ! La suite du nouveau Blake et Mortimer


Les 8 premières pages du nouveau Blake et Mortimer sont à découvrir ici. Chaque samedi, Yves Sente et André Juillard nous postent en avant-première les strips du prochain album de Blake et Mortimer, à paraître au mois de novembre 2012 : Le Serment des cinq Lords. Une manière inédite de nous faire découvrir de l’intérieur la fabrication d’une aventure de ces héros de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge, nés en 1946 sous la plume d’Edgar P. Jacobs dans le journal Tintin. Heavens ! Blake et Mortimer entrent dans l’âge diabolique de la liseuse électronique. Bon voyage…

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François Schuiten en réalité augmentée

Cliquez sur l’image ci-dessous pour entrer dans la réalité augmentée
La réalité augmentée mélange le réel et le virtuel en temps réel. Plus de 11.000 personnes travaillent sur ces logiciels du futur chez Dassault Systèmes, où les ingénieurs dépassent les rêves pour les faire exister. Dans son nouvel album de bande dessinée, La Douce, publié le 18 avril, l’artiste belge François Schuiten met en scène la 12, l’ancêtre à vapeur du TGV, sortie des ateliers de Cockerill dans les années 1930.
Avec un coup de pouce de Dassault Systèmes, la réalité augmentée permet de prendre les commandes de cette locomotive pour voyager dans l’univers dessiné de François Schuiten.

Il suffit pour cela de se munir d’un exemplaire du MAD, le supplément culturel du journal Le Soir, daté du mercredi 18 avril. Ensuite, après avoir cliqué sur le lien ci-dessus, le dessin de Schuiten imprimé au dos du supplément permet de piloter la locomotive en 3D, à coàndition de disposer d’un PC muni d’une web-cam et d’une bonne carte graphique. Les pages de garde de l’album publié chez Casterman contiennent également ce dessin magique qui ouvre les portes de la réalité augmentée.

Mehdi Tayoubi, le vice-président digital de Dassault Systèmes, un homme bien réel, nous a expliqué le comment et le pourquoi de cette extraordinaire aventure technologique : « En France, nous avions déjà utilisé une boîte de Kellog comme manette de jeu vidéo, bien avant que Microsoft ne lance sa Kinect. Mais la bande dessinée de François Schuiten, c’est beaucoup mieux qu’une boîte de céréales ! C’est une fenêtre ouverte sur un univers de poésie. Le dessin qui commande l’accès au monde de la réalité augmentée de la Douce ne contient aucun tag, aucun code. Notre logiciel a tout simplement appris à reconnaître le trait de l’auteur et à permettre, à travers son dessin, le déclenchement d’une série d’actions. L’intégration de cette dimension artistique était un véritable défi. Quand la locomotive se met en route, il fallait qu’elle ne perde rien de son graphisme, qu’elle sente toujours l’encre de Chine, qu’elle garde l’âme et l’émotion du dessin. C’est comme si le monde créé par François Schuiten devenait soudain réalité.»

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Le serment électronique de Blake et Mortimer

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Les strips du nouvel album d’Yves Sente et André Juillard en avant-première. Dès le 21 avril, une liseuse électronique vous permettra de découvrir en exclusivité sur ce blog les strips en noir et blanc du Serment des cinq Lords, la nouvelle aventure de Blake et Mortimer, à paraître au mois de novembre 2012.  Les strips publiés en avant-première dans le quotidien Le Soir depuis le mardi 10 avril seront archivés et actualisés chaque samedi sur cette liseuse accessible gratuitement. Continuer la lecture

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Le making of d’un Prix Pulitzer

Pourquoi Art Spiegelman a voulu raconter l’Holocauste en BD

Art Spiegelman a raconté dans « Maus » la tragédie de sa famille, victime de la Shoah. © AP/Nadja Spiegelman/courtesy of Pantheon.

J’ai besoin d’authenticité, nous disait Art Spiegelman, à Paris, en 2008, alors qu’il venait d’entamer son travail sur MetaMaus. Chacun de mes livres est comme un suicide postposé. La tristesse et la perversité humaines sont des moteurs de l’humour. Il n’y a pas d’humour au paradis, disait Mark Twain, et il ajoutait que la douleur est source d’humour. Ce qui est important, à travers l’art, c’est de chercher à se comprendre. C’est une démarche que le lecteur peut partager pour mieux se comprendre lui-même, se sentir moins abandonné dans la solitude de la vie, surmonter ses faiblesses. »

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Faut-il brûler les Gringos Locos ?

Les héritiers de Jijé et de Franquin bloquent la sortie de l’album

Franquin troublé par l’épouse de Jijé sous les yeux du jeune Morris : pour les Gillain, la famille du fondateur de l’Ecole belge de la BD, la parodie va trop loin. © Dupuis

Nom de djou ! « Jijé, Franquin et Morris sillonnent les États-Unis et le Mexique dans une vieille Ford Hudson, dans l’espoir de se faire embaucher chez Disney… Peu d’auteurs auraient osé imaginer pareille aventure ! C’est pourtant cette histoire parfaitement authentique que Schwartz et Yann nous racontent avec humour, dans cet album historique à plus d’un titre. »

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Les personnages au pouvoir

Dans l’album « Nocturnes », Clarke signe un manifeste en faveur des personnages qui prennent l’histoire en main jusqu’à la mort de l’auteur.

Alice traverse un moment d’abattement en apprenant qu’elle n’est qu’un personnage de roman. Mais elle va rapidement se ressaisir... © Le Lombard.

entretien

Depuis 1990, Clarke dessine les gags de Mélusine, la plus sexy des apprenties sorcières. Esprit libre à l’œil corrosif, le Liégeois commet aussi les farces de Mister President et du Docteur Bonheur. Il se cache encore derrière les Histoires à lunettes, un petit chef-d’œuvre grinçant. Mais son nouvel album, Nocturnes, n’a rien de drôle. C’est le récit à faire froid dans le dos d’une rencontre assassine entre un auteur et ses personnages. Une sorte de huis clos où l’univers se gomme et les personnages s’effacent. Oui : Clarke peut être sans pitié.

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Les bulles de mystère du bon vin

Des albums et des mangas pour s’initier aux grands crus

Dans le premier tome des « Châteaux Bordeaux » (ci-dessus), Corbeyran et Espé racontent la saga des Baudricourt, une famille où le vin parle et vocifère dans le Médoc. © Glénat.

De la taille de la vigne à la mise en bouteilles, créer un grand vin n’est pas juste une question de terroir et de tradition. C’est dans cet esprit que Robert Parker, le critique au nez le plus influent de la planète, a imposé le principe des dégustations à l’aveugle et de la notation sur 100. En dessous de 60 %, c’est de la piquette. Au-dessus de 96 %, on est face à un cru d’exception. Le sommelier américain a assuré son précieux nez et son palais pour un million de dollars. Il a été décoré par Mitterrand, Chirac et Berlusconi. Sa newsletter, The Wine Advocate, fait autorité.

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