posté le 20 février 2008 |
catégorie les sorties, manga
Kiriko Nananan a l’élégance et le parfum de l’amour à la pointe du crayon. Son trait ultrasensible, tout en gros plan, trace des lignes claires qui regardent le vide intérieur. Ses mangas d’une beauté fluide et naturelle parlent des hauts, des bas, des coups de foudre, des disputes. Dans Heartless Bitch, elle brossait le cynisme féminin à travers une liaison brisée. Painful love faisait le récit d’une rupture amère. Blue et Everyday touchaient aux tourments intimes de l’adolescence. Avec Amours blessantes, il est question d’amants volages, de corps à vendre, de dégoût de soi-même. Kiriko Nananan dessine des amours de gigolo, tristes et rentables à en vomir. Elle explore les dessous de la dépendance sentimentale. Elle pénètre dans les lieux où l’on monnaye le sexe brutalement. Mais ce qui l’intéresse va au-delà des jeux voyeuristes. La mangaka cherche la vérité derrière ce que l’on voit. Elle exprime ce qui est impossible à saisir par le dessin. L’amour, c’est dans la tête que ça se passe, quand par un instant de grâce, le temps s’immobilise entre rire et pleurer. Des mots, des cheveux, des yeux, des voix, autant de signes qui parlent au lecteur des petites vérités de la vie. Pour Nananan, “faire l’amour sans amour, c’est comme rester vierge” et “marcher côte à côté le jour, c’est la preuve qu’on aime“.
Amours blessantes, Kiriko Nananan, Sakka, 216 p., 11,95 euros